A toi pour toujours- Hachi

Chapitre 02

Oui je me suis déjà battue. Beaucoup de fois, oui.
 Beaucoup de gens pensent que je suis cruelle, trop seule pour aimer. Mais ils ne me connaissent pas. Et je sais bien qu’ils parlent dans mon dos. Il n’y a qu’une personne qui m’a tendu la main. Moi, je lui tendrais la mienne toute ma vie…
Quand je m’en sort, tant mieux, sinon tant pis. Ca ne fait jamais très mal de toute façon. Si, un jour une fille a réussi à me casser une côte avec un coup de pied. J’ai été courageuse. Et puis je lui ai bien rendu, après, quand j’allais mieux. Souvent, après que je me sois battue avec quelqu’un, je pleure. Non je n’ai pas mal mais à l’intérieur oui, peut-être, c’est pour ça que les larmes sortent. Mais pas beaucoup. Cependant, cela fait longtemps que je ne me suis pas battu. Je crois que j’ai mûri. Je crois que je me suis rendu compte que ça n’arrangeait rien. Je crois être apaisée.
Oui j’ai déjà été amoureuse. D’Adrian. Mais j’étais toute petite. Il a déménagé et je ne l’ai jamais revu. C’est loin… un jour on s’était enfermé dans des toilettes. On avait dit qu’il fallait qu’on devienne des grands, alors on était dans des toutes petites toilettes, face à face, avec la cuvette au milieu. On s’est fait un bisou sur la bouche et on était des grands. J’étais sûre d’être amoureuse. Et puis pourquoi pas, je l’étais sûrement.
Je n’ai pas d’amis. Je pars du principe que la confiance ne devrait pas existée. Je trouve ça moche comme sentiment. Je ne sais pas trop pourquoi. Peut-être parce que je n’ai aucune confiance en moi… c’est donc ça le point de départ, la confiance en soi. Je n’ai pas de loisirs non plus. Toute petite je voulais faire du basket, mais papa me répétait souvent que je n’arriverais jamais à marquer un panier. Après, j’ai fait du piano ; Je me souviens comme maman était heureuse à chaque fois qu’elle m’emmenait aux cours. Elle était fière. Je me rappelle qu’une fois, les parents des élèves devaient venir. Maman avait pleuré ; Tout le temps, c’était bizarre, mais cette image de maman en long manteau noir avec le maquillage qui coule et un mouchoir à la main m’a marquée. J’ai dû en faire un ou deux ans. Et puis j’ai arrêté, je ne sais plus trop pourquoi. Je crois me souvenir que c’est une punition... Oui c’est ça, papa en colère, la gifle, et plus de piano, papa ne voulait plus. Mais je suis sûre que je n’ai rien perdu. C’est comme le vélo, quand on sait bien en faire, ça ne s’oublie pas, sauf qu’avec le piano, on ne tombe jamais.
Je ne dis pas que c’est une passion. On donnerait tout pour une passion… et j’ai une passion. J’ai une passion qui m’ouvre sur d’autres passions vous voyez. Ce n’est pas facile à expliquer. Il faudrait d’abord que vous sachiez la première et après, si j’ai le temps je vous expliquerais les autres. Disons que j’aime quelqu’un. Mais pas comme avec Adrian. Je ne dirais pas que je suis amoureuse parce que je trouve que ce n’est pas un terme assez fort pour exprimer ce que l’on ressent quand on aime sincèrement quelqu’un. Ca parait plus fort au premier abord, et plus doux, et plus chaud.
La fille en question est très belle. Dans le genre léonin. Imaginons que là, vous vous trouviez dans un endroit vierge, il n’y a rien. Si, un ciel et du soleil. Vous voyez une forme arriver, quelque chose qui semble beau, sans même pouvoir discerner si c’est un objet ou une personne, son age, sa taille, son sexe, mais qui est très beau dés le départ. Cette forme se rapproche, de vous évidemment puisque vous êtes un point. On distingue les cheveux roux, une main qui passe dedans, et puis la démarche, une démarche simple, élégante, gracieuse, naturelle, belle encore une fois. Oui c’est une fille, c’est une fille qui vient vers vous et qui vous ignorera au dernier moment. D’un coup, comme pour vous faire tomber sur place, un sourire, un sourire magnifique avec de belles dents blanches et les yeux qui se plissent ; Les yeux verts, mais là on ne les voit pas encore, je suis la seule à savoir ça parce que je l’ai déjà vécu. La fille se rapproche toujours, et les détails vous sautent à la figure : une main dans le vague, avec ses doigts qui caressent l’air, qui semblent chercher d’autres doigts et qui vous laisse penser qu’ils pourraient être les vôtres… il y a du vent, une mèche de cheveux sur le visage, la deuxième main la retire, et voilà, c’est là, c’est maintenant qu’on voit les yeux, sur le moment juste une petite lueur, et le sourire qui revient…
Tout cela c’est Léna. Une grande rousse qui semble parfaite, tout à l’air extrêmement parfait autour d’elle. Voilà ma passion. Ma passion favorite. Je me suis longtemps posée des questions. Qu’est-ce que c’est, Léna ? Une image, un dessin, un rêve peut-être ? Elle n’est pas comme les autres. Je sais qu’au fond d’elle-même, elle ne sait pas ce qu’elle ressens pour moi exactement mais je m’en fiche. Je veux être auprès d’elle. Je veux veiller sur elle. Je suis une passionnée de Léna.
« Si à cette époque, j'avais été un peu plus mature et que je m'étais rendu compte de ta faiblesse, Yulia,
Est-ce que nous aurions eu un autre futur que celui que nous avons connu? »

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