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A Contre Ciel - Zwartkat Chapitre 18 -"Mal dormi, Capt'ain?" -"Je suis vraiment désolée... C'est..." -"Pas grave, ça peut arriver à tout le monde" Reprend Penguin en réajustant son casque. Les deux femmes marchent dans l'épais brouillard de l'explosion en direction du camion. Les trois grenades que Pitsa a lancée l'ont littéralement réduit en miette. Il y a peu d'espoir pour y piller encore quelque chose. Elles sont rejointes par les autres qui sortent des bosquets le long de la route. Embusquées, elles ont assisté à toute la scène. Les tirs manqués de Lena. Le conducteur qui sort du camion, mitraillette à la main qui arrose la butte où les filles étaient cachées. Les nouveaux tirs ratés de Lena (dix cartouches!) puis Pitsa qui s'est énervée avec les grenades... Plus de conducteur... Plus de mitraillette... Plus de camion... La fumée se dissipe peu à peu. Pas la gène de Lena. Elle garde les yeux à terre. Elle n'ose pas affronter le regard des autres. -"Woaw, quel carnage... Il reste plus rien du mec..." S'esclaffe Max en regardant les débris de chair qui se mêlent à l'acier tordu de la cabine. Elle se retourne vers Lena : "Prends en de la graine, Capt'ain, rien ne vaut une bonne grenade, je l'ai toujours dit!" -"Ouaip, Capt'ain, t'as du boire trop de vodka hier... Ca te réussit pas" Fait joyeusement Yako, une grande blonde aux yeux bleus pétillants. Les autres enchaînent dans de gentilles moqueries au sujet de la rouquine. Éclats de rire, petit sourire gêné de Lena. -"Je suis vraiment désolée..." Répète t elle encore. -"Ho, c'est bon, foutez lui la paix! Elle ne l'a pas fait exprès!... Ca ne vous est jamais arrivé de rater un coup, vous?!" Interrompt Tchienka d'une voix autoritaire. Elle se retourne vers Lena. Mais cette dernière, encore plus gênée du fait qu'elle prenne sa défense se détourne brusquement. Tension. Palpable. Dans le groupe, des petits sourires rempli de sous-entendus. Lena rougit. De colère cette fois-ci. Sur Tchienka. Penguin revient de l'arrière de l'épave, un paquet de feuilles calcinées à la main, elle les lance à terre au pied du petit groupe. -"Pas de panique! C'était le camion du courrier..." Le chemin du retour vers le camp. Penguin ouvre la marche. Comme d'habitude. Yeux mi clos, comme si elle connaissait la foret par cour. Suivent les autres. Démarche nonchalante aussi. Le soleil de cette fin d'été caresse les branches, ses rayons comme autant de mosaïques dorées sur des feuilles en manque de sève. Entre ces éclats, la pénombre des sous bois. Pénombre, comme dans le cour de Lena. Elle tente de distancer Tchienka qui ferme la marche. Elle ne veut pas lui parler. Pas maintenant. Mais la brunette presse le pas derrière elle. Cette dernière n'est plus qu'à quelques mètres derrière elle et Lena, même si elle en a envie, ne peut pas bousculer Max qui marche devant elle pour échapper à la confrontation. -"Lena, pourquoi tu me fais la gueule?" Lena s'arrête. Laisser Max les distancer pour qu'elle n'entende pas la conversation... La situation est déjà assez compliquée comme ça... Tchienka s'arrête aussi. Elle plonge ses yeux dans ceux de la rouquine. -"Je le sens, Lena... Je sens qu'il y a quelque chose qui ne va pas..." Lena détourne la tête. Elle pourrait tenter de nier l'évidence. Un peu de mauvaise foi qui vient s'ajouter à toutes ces ombres... -"C'est à cause de ce qui s'est passé cette nuit?" Poursuit Tchienka. -"Tchienka, cette nuit..." Elle a envie de poursuivre par "Il ne s'est rien passé" Mais ce serait un mensonge de plus... Il y a d'abord eu les caresses, puis les baisers, puis cette ivresse qui s'est emparée de tout son corps. Oui, elle avait joui. Sans accéder à l'orgasme toutefois comme avec Yulia. Mais en goûtant quand même à une tendre plénitude... Quelques instants seulement... Après, quand le feu de son corps s'était éteint, elle s'était retrouvée noyée par un flot de culpabilité. Une nuit complète à ne pas dormir. Balancée entre les remords... Et l'envie de recommencer... Pendant que dans ses bras, l'objet de sa trahison dormait paisiblement. Et là, maintenant, devant elle, le visage de Tchienka. Éclatant de beauté. Des reflets dorés sur de grand yeux tristes. Remplis de questions. -"Non Tchienka, je ne veux pas parler de cette nuit." La douleur redouble d'intensité dans les yeux de la brunette. Lena s'en veut. Elle voudrait tant que.... La rouquine se sent chavirer à nouveau. Elle voudrait prendre Tchienka dans ses bras, la consoler, la rassurer, l'embrasser... Goûter à nouveau à ses lèvres, éponger ses doutes par des baisers... "Ce soir je m'en vais, je vais derrière les lignes de Leningrad. Je poursuis ma route... Désolée..." Souffle Lena. Surprise elle même par ses paroles. Une fuite en avant qu'elle n'avait pas prévue... Elle se détourne rapidement. Elle ne veut pas voir les larmes s'écouler sur le visage de la brunette. Penguin allume son cigare sans quitter Lena des yeux. Lena est debout devant elle. Se tortillant les mains comme quand elle était adolescente et qu'elle attendait la réponse de son père à une de ses requêtes. "Papa, je voudrais aller avec Youri au parc cette après midi, on va aller au marchand de chocolats, est ce que je peux, dis?" Mais elle n'a plus quatorze ans. Et il n'est plus questions de chocolats. Et Penguin n'est pas son père... Dans la cabane austère de la chef, un lit composé de branchages et de paillasses, une vieille chaise, un coffre et quelques photos punaisées sur la cloison de planches en bois. Des photos où l'on voit Penguin entourée de soldats, bras dessus, bras dessous, dans un décor de montagnes et de soleil. -"Espagne... Brigades Internationales... J'avais ton age à cette époque... J'étais pas mal, non?" Sourit Penguin. -"T'es encore bien, je t'assures..." -"Disons que j'ai de beaux restes" Continue à sourire la jeune femme. Son sourire s'efface. "Bon.... Ma réponse est non, je ne te rend pas ton fusil et en plus, tu vas retirer ton beau costume de Capitaine, hors de question que tu continues à te trimballer comme ça..." Lena se raidit, elle aurait espéré que... Penguin se lève et ouvre le coffre, elle fouille parmi plein de vieux vêtements. -"Tu ne partiras pas là bas toute seule d'ailleurs, Pitsa ira avec toi... Tiens ça, ça devrait t'aller... J'ai également des faux papiers.... Deux paysannes, voilà ce que vous serez..." Lena prend les vieilles frusques que lui tend Penguin... Elle ne comprend pas encore tout à fait pourquoi... Devant son regard interrogateur, Penguin se rassied. -"J'ai besoin de toi, Lena... Tu es un excellent élément... Je ne peux pas t'empêcher d'aller.. D'aller là-bas... Mais je peux tenter de tout faire pour que tu nous revienne vivante... Pitsa a l'habitude des missions d'infiltrations... C'est comme ça qu'on est en contact avec les autres groupes de résistants. Elle a été flic... Tu verras, c'est une vraie pro..." Termine Penguin dans un sourire. -"Merci Penguin... C'est..." -"Ne me remercie pas, vous en profiterez pour reprendre contact avec quelques camarades... Afin de planifier les actions de cet hiver... Tu vois c'est une vraie mission... Je vous donne quinze jours..." Pitsa est entrée dans la cabane de Penguin sur ces entre faits. Elle a l'air d'être au courant de l'opération. Elle tend un couteau à Lena. -"Tiens, Lena... C'est la seule arme autorisée pour ce genre de promenade. Ah oui, autre chose, tu glisses ça dans ta botte. Comme la carte et la boussole. Tu ne mets jamais rien dans ta culotte ou dans ton soutif... C'est la première chose que les nazis arrachent quand ils te violent... Tandis que les bottes, ils n'y touchent jamais..." Lena pâlit d'un coup à ces paroles. -"Relax, Lena... Ca n'arrive pas à tous les contrôles... Mais ça peut arriver...." Poursuit la fille aux cheveux courts dans son éternel sourire. La nuit s'étend doucement sur le camp. Lena sort de chez Penguin avec dans ses bras son nouveau costume de paysanne. Le départ a été fixé à demain matin... Machinalement ses pas l'emmènent vers la cabane de Tchienka. Lena s'arrête. Elle respire profondément l'air doux de ce crépuscule. Au loin, Max joue de la guitare devant le feu, entourée de quelques camarades. Les notes résonnent à travers les bois. Elles semblent couler sur chacune des ombres dansantes des branches et des buissons. Sous le rythme des lueurs des flammes. Entre rouge et noir. Ces notes lointaines qui viennent bercer Lena. Et les paroles de cette chanson lui revient... Une douce et triste balade... "Je sais qu'il se passe quelque chose par ton sourire qui s'esquive Et Lena se détourne de la cabane de Tchienka. Le souvenir du regard de Yulia dans sa tête et des larmes plein sa gorge... De longues rues grises. De longues files de gens. Ceux qui remontent la rue vers le nord. Ceux qui descendent. Vers le sud. Un flot ininterrompu d'êtres humains. Dos voûtés. Regards absents. Comme des punis. Comme des damnés. Parfois le mouvement s'arrête. Alors chacun se met de coté. Raser les murs le plus près. Un convoi passe alors au travers de la marée humaine. Camions ou chars. Flot de poussières. Les envahisseurs. Superbes avec leurs sigles de haine et de mort. Ptitsa prend Lena par le bras pour la détourner de la route et lui chuchote à l'oreille: -"Arrête de les regarder si fixement... On dirait que t'en a jamais vu autant de si près..." Lena baisse la tête. Elle sait que Pitsa a raison... Elle doit être plus discrète... Plus paysanne. Marcher légèrement courbée. Un pas moins décidé... Ne pas dévisager ces envahisseurs... Elle a du mal avec toutes ces consignes... Elle se retourne vers Pitsa. Elle, elle y arrive. Avec son fichu noué autour de la tête, son sourire triste de jeune femme qui respire tout le sacro saint fatalisme russe, sa démarche chaloupée... Qui pourrait prendre cette dernière pour une des plus redoutables membres d'un groupe de partisans? A la sortie de la ville. Des camions barrent la route. Un baraquement, Une barrière... Un poste de contrôle. Feldgendarmen et chiens. Le ventre de Lena se noue. -"Surtout ne t'arrêtes pas de marcher et continue de me sourire... Voilà, comme ça, c'est bien... Relax Lena... Ca va bien se passer... Ne me dis rien de bizarre quand on est près d'eux... Même en Russe... Il se peut qu'il y ait des Hiwis avec ces chiens..." -"De toute manière, je sens que je serai incapable de prononcer un mot..." Répond doucement Lena. Elles ne sont plus qu'à quelques mètres des feldgendarmen. Pitsa a gardé son sourire. C'est elle qui interpelle le premier gendarme. Voix haute, Voix rapide avec un accent à couper au couteau... Même Lena ne comprend pas la moitié de ce que dit sa compagne... -"Bien le salut à vous Messieurs, ma cousine et moi, on doit se rendre au village là haut, la vieille doit couper du bois, alors elle attend nos bras..." Le gendarme a un petit mouvement de recul. Il inspecte d'un air dédaigneux les deux filles. -"Vos Papiers!" Une voix cinglante. Le souvenir d'un ton. D'un accent qui fait tressaillir Lena (Rote Shlampe!) Si Lena présente ses papiers directement, Pitsa fait mine de fouiller dans ses poches avec lenteur tout en continuant à raconter d'une voix criarde une histoire insensée de grand-mère et de poêle à bois cassé. En croissant son regard, Lena comprend qu'elle s'est exécutée trop vite. Règle numéro Cinq. Les Allemands nous prennent pour des gens paresseux et lents, ne jamais faire quoi que ce soit qui peut perturber ce qu'ils croient être nous. Le gendarme regarde les papiers de Lena . Il la dévisage. Elle doit être toute blanche. Elle se mettrait à trembler si Pitsa ne détournait pas autant son attention. D'un geste brusque, le gendarme rend les papiers à Lena. -"Allez, c'est bon, passez!!!" Ordonne t il. Mais Pitsa fait encore mine de fouiller ses poches. "Allez, allez, vite, vite, c'est bon!!!" Lui crie t il. Pitsa fait une moue et continue à baragouiner son histoire. Puis elle s'avance doucement vers la barrière qui se lève. Lena lui emboîte le pas. Passer devant les chiens qui aboient. Passer devant les visages fermés des autres gendarmes... Encore quelques pas... Et Lena souffle... Elles sont passées. Les deux filles reprennent le chemin ensemble. Mais cette fois ci à travers bois et marécages. De temps à autre Pitsa s'arrête, vérifie la carte et la boussole, puis hoche la tête. Elles poursuivent alors sur les sentiers de boue et de feuilles mortes. Couleurs d'automne qui s'annonce. Trois jours de marche entre ocre rouge et vert doré. Entre la fille aux cheveux en brosse et la rouquine, une complicité se noue, basée sur l'humour et l'entraide. Passer les rivière à gué, s'accrocher aux branches pour grimper les collines, se tenir par l'épaule pour ne pas glisser dans les marais... Autant d'obstacles, autant de rires et de gestes d'amitié. -"C'est amusant la vie. On est policier... Puis on passe les concours internes pour entrer à la Criminelle. Tailleur, jolie jupe, escarpins. On inspecte les scènes de crimes, on recueille les indices, on pourchasse les assassins... Puis un beau jour tu te retrouves dans cinquante centimètres d'eau saumâtre, en plein marais , en train de jouer les Robinson Crusoé dans une guerre de merde... Et toi? C'était un choix au départ, l'armée , non?" -"Pas vraiment... En tout cas je n'imaginais pas mon plan de carrière comme ça..." Répond Lena dans un sourire malicieux "Mais le résultat est le même... Cinquante centimètres d'eau saumâtre..." Les deux filles rient de bon cour. Pitsa aide alors Lena à sortir de l'eau pour grimper une colline. Elles arrivent au sommet, plus essoufflées par leurs rires que par leurs efforts. Pitsa s'assied, déplie la carte et inspecte les alentours. Lena se laisse tomber dans un tas de feuilles, laissant échapper un long soupir de fatigue. -"On a avancé plus vite que prévu, Lena... Demain, on sera dans la zone Est qui borde Kolienka... Et si tu dis que ton avion s'est écrasé dans une pinède, il n'y a pas trop le choix, c'est là : le bois de Glamisky." Pitsa tend la carte à Lena. La rouquine regarde avec attention les détails topographiques puis hoche la tête. -"Oui, lorsque j'avais préparé cette expédition, j'avais également opté pour ce bois..." -"On va passer la nuit ici... Demain sera une longue journée..." Dit Pitsa tout en déroulant sa couverture de son sac. Le visage de Lena s'embrume... Elle n'a jamais été aussi proche du but de son long périple. Peut être qu'elle n'a jamais autant redouté de découvrir cet endroit maudit. Risquer de retrouver la mémoire... Risquer de savoir ce qui est arrivé... En croissant les soldats allemands dans la ville de Louga, en les croissant au poste de contrôle, des images cachées avaient resurgies, des sons aussi... (Rote Shlampe!!!) Des souvenirs rempli de nausées... Lena commence à trembler d'angoisse. Elle se lève. Se dégourdir les jambes. Des jambes si lourdes... Pitsa s'est couchée dans sa couverture. Elle ne prête plus attention à Lena. Elle a cette précieuse faculté de savoir quand il faut partager les moments de rire et quand il faut partager les moments de silence. Et là, Lena a besoin de silence. Elle marche le long des collines. Collines de grès et de calcaire qui s'affaissent dans le marais plus bas. Pentes escarpées, précipices, déchirures de pierre. Parfois un vieil arbre mort se jette désespérément entre deux collines. Défi aux lois de gravité, sous un soleil rouge couchant. Projetant autant d'ombres fantomatiques de bras tordus, branches accusatrices aux doigts effilés, torturés... Rote Shlampe! Claquement du fouet! Douleur aiguë. Lena sursaute. -"Je ne veux pas me souvenir de tout ça..." Murmure t elle. -"Mais qu'es tu venue chercher ici? Un catafalque?" Yulia. Dans une superbe robe blanche, ses cheveux noirs en bataille, ses yeux bleus... Mariée surnaturelle. Debout de l'autre coté de la Colline. Lena veut s'approcher d'elle, la prendre dans ses bras. -"Mon cour, je t'ai trahie..." Yulia secoue la tête. -"Non... Parce que tu n'as jamais cessé de m'aimer..." Lena éclate en sanglots. Ses yeux sont brouillés de larmes. Elle s'avance sur le tronc de l'arbre qui la sépare de l'apparition de Yulia... Et si c'était elle... Vraiment elle... Je voudrais tant la prendre dans mes bras... Encore un fois. Une dernière fois. J'ai si peur de découvrir ce qui lui est arrivé... J'ai peur de découvrir que... -"Lena... Seule la peur est l'ennemie..." Lena fait encore quelques pas vers Yulia. Elle marche comme sur du coton. Tout est si onirique... Peut être qu'elle va réussir à la prendre dans ses bras. A goûter son parfum... Puis un appel. Un cri. La voix de Pitsa. Panique dans la voix. - "Lena! Qu'est ce que tu fous là?" Pitsa, considérant la situation, se ravise. Elle prend un ton plus doux. "Ne bouges surtout pas... Doucement..." Lena se retourne vers Pitsa. Elle ne comprend pas directement ce qui fait peur à sa camarade. Pitsa regarde par terre, trouver une corde... Impossible... Peut être une branche assez longue et robuste pour lui tendre... Lena est en équilibre sur un vieux tronc surplombant un précipice de plus de vingt mètres. Au beau milieu du tronc. Impossible de lui tendre la main pour l'agripper. Et en plus ce tronc a l'air de craquer... -"Ne fais plus le moindre geste, Lena...". Pitsa est toute blanche en prononçant ces mots. Lena prend alors conscience de sa position. Ses bottes qui commencent à glisser sur l'écorce humide du vieil arbre couché. Ses jambes lourdes.... En dessous d'elle, des cailloux et des pierres. Une chute serait fatale. La panique commence à s'emparer d'elle aussi. Et puis lui revient la dernière phrase de Yulia... Seule la peur est l'ennemie. Lena prend une grande inspiration. Bouffée d'air. Oxygène. Et la rouquine s'avance vers Pitsa, en la regardant droit dans les yeux. Levant ses pieds délicatement mais avec assurance. Sans regarder vers le bas. Seule la peur est l'ennemie. Encore un mètre à parcourir. Pitsa lui tend la main. Elle s'agrippent. Et dans un dernier pas, Lena rejoint sa camarade. Seule la peur est l'ennemie... Pitsa regarde Lena avec une telle expression qu'elle n'a pas besoin de lui dire "Mais t'es complètement barge, toi..." -"Je suis désolée, Pitsa..." Commence Lena. Mais Pitsa change d'expression. Elle a l'air plutôt étonnée. Émerveillée. -"Oh... Regarde..."Dit Pitsa en pointant vers l'endroit exact où était apparue Yulia. "C'était elle que tu voulais voir de plus près?" Lena se retourne. Frissons. De l'autre coté du précipice se tient une biche. Blanche. Magnifique. Elle regarde quelques instant les deux filles. Puis se détourne, majestueuse, pour s'enfoncer dans les bois. Juste avant de disparaître, Lena jurerait que cette dernière lui a fait un clin d'oeil. Chapitre précédent - Sommaire - (à suivre) |