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A Contre Ciel - Zwartkat Chapitre 16 Cela faisait plus de trois jours que Lena progressait dans ces étendues d'eau saumâtre. Le soleil de printemps n'arrangeait rien. Il faisait éclore toutes sortes d'insectes qui se réunissaient en véritables nuées autour d'elle, les moustiques étant de loin les plus pugnaces. Elle avait trouvé comme seule parade de régulièrement s'enduire le visage, le cou et les mains de boue. Elle évoluait ainsi. De l'eau jusqu'à la taille. Elle ressemblait à une de ces créatures d'épouvante sortie tout droit des récits d'aventures fantastiques dont elle raffolait adolescente. "Le monstre des profondeurs, c'est moi..." Se dit-elle en souriant. Son sourire fait craquer les croûtes de boue à la commissure de ses lèvres. Il est temps de se refaire un nouveau masque... Elle arrive à se hisser sur un petit îlot de terre ferme. Un de ces îlots qui depuis sa longue progression vers l'Ouest lui sert désormais de refuge pour manger et se reposer. -"Non, pour moi, tu seras toujours ma belle corsaire..." Yulia est accroupie. Pose indienne. Sourire éclatant. Les moustiques ne semblent pas s'intéresser à elle. Lena lui décoche un petit regard. Ses apparitions ne l'ont pas quittée depuis. Elle a même imaginé l'autre nuit que... Lena sourit, depuis combien de temps n'avait-elle plus fait l'amour… Lena se baisse et ramasse du bout de ses doigts de la boue fraîche et s'en enduit le visage. Soudain un bruit de chute. Le bruit d'un objet qui tombe dans l'eau. -"Non... !" Elle porte sa main à ce qu'elle a de plus précieux. Sa boussole qui doit être accrochée à son baudrier. -"Non... !" Son cœur se met à battre la chamade. Elle se relève et tâte de ses doigts ses ceinturons et ses poches. Pas de trace du précieux objet. Elle doit se rendre à l'évidence, C'est sa boussole qui est tombée dans l'eau... Lena se met à genoux précipitamment sur la rive de l'îlot. Elle plonge ses mains dans l'eau. Elle ne voit évidemment pas le fond et c'est à tâtons qu'elle explore la vase. Combien de temps reste-elle là à fouiller dans la vase? Dix minutes? Ou plus? Elle pleurerait de rage mais elle sait que ce n'est pas cela qui va arranger la situation. Vaincue, elle se relève, manque de glisser et se lance dans un chapelet d'injures tout en martelant le sol de coup de pieds. Colère. Deux jours sans boussole. Sans orientation précise. Lena est dépitée. Elle n'a même plus prit le temps de se protéger des insectes, tellement angoissée de vouloir sortir de ce marais. Et ça devient une urgence. Elle ne manque pas de nourriture, son sac est rempli des boîtes de conserves offertes gracieusement par les États Unis au peuple russe (International Military Support clame un Oncle Sam hilare), mais elle manque d'eau potable. Sa dernière gourde ne contient plus qu'une larme d'eau. La dernière gorgée... Elle a la bouche en feu. La peau en feu. A chaque mouvements les tissus rugueux de son uniforme viennent râper sa peau. Et ce maudit soleil... Lena n'en peut plus. Elle ne remarque pas que le fond du marais devient de moins en moins profond. Lena n'a plus que les mollets dans l'eau, et les îlots de terre ferme deviennent de plus en plus nombreux. Non, elle est trop abasourdie par cette douleur lancinante pour se rendre compte de tout ça. Elle est à deux doigts de s'écrouler. Là. A même le sol. Et pleurer. Et espérer mourir. Vite. -"Chaton... Plus que cinq cents mètres, et tu t'en sors!" Yulia. Elle ne s'était plus du tout manifestée depuis l'incident de la boussole. La revoilà. Souriante. Éclatante. Lena étouffe un sanglot. Si seulement ça pouvait être vrai. Si seulement ça pouvait être vraiment sa Yulia. Si seulement il ne restait plus que cinq cent mètres de cet enfer de boue. Si seulement... Lena la suit. Le sol boueux fait place à une terre de plus en plus ferme. Elle aperçoit au loin des cimes d'arbres. Des vrais arbres. Avec des racines qui plongent dans une terre solide... C'est la fin de ce marais. Lena presse le pas. Elle débouche sur un val. Des herbes hautes. Une danse d'épis. Lueurs jaunes, lueurs vertes sous le vent. Et une rivière. De l'eau! De l'eau qui coule! De l'eau vive! De l'eau qu'on peut boire... Lena court. Elle se débarrasse de son sac et de son fusil et plonge dans la rivière. Elle retire ses vêtements, un à un, qu'elle rince vigoureusement, une longue traînée de boue suit le courant à chaque pièce qu'elle malaxe. Complètement nue, Lena sort de la rivière et va disposer ses vêtements au soleil. Il faudra attendre quelques heures avant que tout ne soit sec, mais peu importe, aujourd'hui, c'est repos. C'est jour de fête. Elle sort de son sac un petit paquet qu'elle déballe soigneusement. Un trésor. Un savon. Lena replonge dans la rivière. Le gras du savon sur sa peau lui procure un soulagement délicieux. Sentir l'eau fraîche. Sentir le parfum du savon. Rose. Poivrée. Il ne lui manque plus que le corps de sa Yulia. Tout contre elle. Lena frisonne. Désir. La rivière est assez profonde pour qu'elle puisse faire quelques brasses. Et Lena ne se prive pas de ce plaisir. Se sentir submergée par l'eau. Ivresse des mouvements. Ouvrir les yeux sous l'eau. Jouer au poisson. Comme quand elle était enfant. Elle ressort sa tête de l'eau. Crachat de bulles. Elle frotte ses yeux. Sur la rive deux bottes. Un homme en uniforme. Soldat. Allemand. Lena de stupeur replonge son corps dans l'eau pour masquer sa nudité. Réflexe. -"Pas peur... Pas peur... Village où?" Baragouine le soldat en russe. Lena l'observe. Elle tente de rassembler ses idées. S'il avait été sur l'autre rive et qu'il avait découvert ses vêtements et le fusil, elle serait probablement déjà morte. -"Village, toi village?" Poursuit-il. Lena ne sait pas pourquoi mais ce soldat lui semble bizarre dans son attitude. Pas très grand, les cheveux noirs, le visage grave bien que plutôt jeune, il jette des rapides coups d'œil dans toutes les directions. Veut-il s'assurer qu'elle est bien seule pour la violer? Et lui est-il seul? Attend-t-il ses collègues? Lena se doit de réagir. -"Retourne-toi!" Lui dit-elle. Il fait une mimique avec son visage pour marquer son incompréhension. Lena sort un bras de l'eau et fait un moulinet avec sa main. -"Retourne-toi! " Cette fois il a comprit et il s'exécute. Lena en profite pour sortir de l'eau et gagner l'autre rive. Elle prend son pantalon. Tissus mouillés. Difficile à faire passer les jambes. Elle jette un coup d'œil au soldat. Celui ci est toujours dos à elle. C'est bien. Brave garçon qui va avoir une surprise. Elle endosse sa veste, ne prend pas la peine de la boutonner. Elle prend son fusil. Elle se retourne pour faire face au gars qui sursaute quand il entend le bruit du chien que Lena actionne. Il se retourne. Visage blême. Ses yeux sont rivés sur le fusil. Ou peut être sur ses épaulettes de capitaine du NKVD. Ou peut être sur sa poitrine qui dépasse de la veste ouverte. -"Nein, nein, nicht shiessen, bitte!!!" Lena a le doigt sur la détente. Elle a déjà tué des hommes. Bien sûr. Mais là... Elle vient de lui parler. Ils se sont parlé... Ce n'est pas une image dans sa lunette de visée. Ce n'est pas un fou furieux qui débouche dans une tranchée en hurlant. C'est un homme qui la supplie. En disant des choses incompréhensibles, certes. Mais il a une voix. Et dans cette voix elle entend la peur. A son hésitation, le soldat comprend qu'il a peut être encore une chance. Il tente alors de rassembler toutes ses notions de russe: -"Moi... Pas soldat... Fini... Plus guerre... Fini... Moi fuir..." Si elle lui tirait dans la jambe? Oui ce serait une bonne solution... Elle aurait le temps de ramasser ses affaires et de disparaître et... Des aboiements au lointain viennent perturber ses pensées. -"Die Feldgendarmen kommen, Sie kommen... Wir müssen nicht hier bleiben!!!" Lena s'aperçoit alors d'un détail. Ce soldat n'a pas d'arme. Ni fusil, ni revolver. Son baudrier n'est pas garni des redoutables grenades allemandes. Et là, Lena commence à comprendre le sens des quelques mots russes et des mots allemands qu'il vient de prononcer. Et puis ces bruits des chiens qui se rapprochent... Elle est face à un déserteur. Recherché sans doute... -"Merde! Merde! Merde!" Lance Lena. Elle baise son fusil se retourne pour prendre ses affaires. Ramasser les chaussettes, le sac, les sous-vêtements... Ils ont apparemment des chiens, ne rien laisser comme indice... Lena s'énerve, laisse tomber la moitié de ses affaires. Précipitation... Le déserteur a traversé la rivière et s'accroupit près de Lena. Il l'aide à rassembler tout dans ses bras. Elle se dégage. Elle ne veut pas être aidée... Pas par cet imbécile qui lui colle des Fedgendarm aux trousses... Mais en se relevant, elle laisse tomber à nouveau la moitié de ses effets. Impossible de tout tenir dans ses bras: le fusil, les vêtements, les bottes, le sac... Pas le temps de tout enfiler. Aux aboiements, les chiens et leurs maîtres ne doivent plus être très loin. De guerre lasse elle confie ses bottes et ses vêtements au déserteur. -"Si tu fais le moindre faux pas, je te descends!" Sans comprendre les mots, le soldat a bien sentit que la rouquine ne voulait pas plaisanter. Il la suit à travers les herbes hautes. Soudain Lena s'arrête. -"Combien sont ils? Tes Fedsgendarm ? Combien? Zwei, Drei Fedgendarm Combien? " Il lui fait un quatre avec les doigts. -"Und zwei Hunden!" Lena sourit. Deux chiens... Ce n'est pas tellement les chiens qui la tracassent. Elle regarde autour d'elle. Un plan germe dans son esprit. Elle s'approche du soldat et commence à lui déboutonner sa veste. -"Dépêche-toi, enlève-moi ça!" Le soldat a d'abord un léger geste de recul. Que lui veut cette diablesse, les seins à moitié à l'air et qui lui retire sa veste? C'est une folle? Mais un soupir d'exaspération de Lena le ramène à l'ordre. Lena prend la veste, la roule en boule et la jette à une dizaine de mètres. -"Allez viens maintenant, viens vite! Kom! Kom!" Ils courent tous les deux à présent en direction d'une petite colline qui surplombe le val. Lena s'accroupit derrière un buisson. Elle tire le soldat à ses cotés. -"Toi, tu te couches! Tu bouges pas!" Elle appuie sa main sur son épaule pour lui faire comprendre. Le soldat se couche à ses cotés. Il la regarde sortir de son sac une lunette de visée. -"Et maintenant, il reste à espérer que je n'ai pas perdu la main..." Dit Lena en visant soigneusement la lunette au fusil. De sa cache, Lena aperçoit les Feldsgendarmen. Ils sont bien quatre. Un chien est tenu en laisse, l'autre court dans leur direction... Les rayons de soleil se reflètent sur les plaques en forme de demi-lune que les gendarmes portent au cou... Ils ne sont plus qu'à deux cent mètres. Lena installe le plus confortablement possible son coude et se met à viser. Le chien libre s'arrête net. Il fait un quart de tour et se met à aboyer. La veste du soldat. Son odeur. Les gendarmes se précipitent vers l'endroit. Le premier coup de feu. La balle traverse le casque. A l'intérieur sans doute une bouillie de cervelle. Deuxième coup dans le front du plus mince. Il s'écroule sans crier. Mais le troisième coup rate sa cible. Les deux gendarmes vivants ont plongé vers le sol. Lena réarme. Restant toute concentrée. Le déserteur lui pose une question. Elle sent l'angoisse dans sa voix. Mais elle reste calme. Elle sourit même. Parce qu'un des deux chiens vient voir pourquoi son maître est couché. Indiquant ainsi sa position à Lena malgré les herbes hautes. Elle vise à coté du museau du chien. Une gerbe de sang. Touché. Le chien surprit se recule. Il s'assied et se met à hurler comme un loup. Le dernier gendarme panique sans doute. Il se lève et s'enfuit. Course vaine dans l'herbe. Détonation. Il s'écroule. Mort. Lena se relève. Elle range le viseur dans son sac. -"Et bien voilà, fini, plus de fedgendarm ... Maintenant moi je veux m'habiller, toi partir, bye bye, ofiderzéne !" Poursuit la rousse en faisant un petit geste de sa main vers le déserteur. Le déserteur se met debout, il regarde à présent le petit val. Quatre corps y sont couchés. Du fond de sa mémoire d'écolier lui vient à l'esprit un poème. "C'est un trou de verdure où chante une rivière Accrochant follement aux herbes des haillons D'argent; où le soleil de la montagne fière, Luit; C'est un petit val qui mousse de rayons."Lena sursaute. Pour la première fois elle comprend tous les mots de ce que dit cet homme. Et mieux que de comprendre, elle connaît la suite. Du français... Une langue superbe, une langue difficile aussi... Lena laisse s'écouler ce souvenir et poursuit, en appuyant sans doute un peu trop sur les "r": "Un soldat jeune bouche ouverte, tête nue, Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu, Dort; il est étendu dans l'herbe, sous la nue, Pale dans son lit vert où la lumière pleut."-"Tu connais Arthur Rimbaud?" Ils ont posé la question en même temps, avec la même intonation de surprise. Ils éclatent de rire. -"Je suis français, en fait... Si j'avais su que tu comprendrais ma langue..." -"Moi j'ai fait six ans de français à l'école... J'ai encore de beaux restes..." Puis le sourire de Lena s'efface. "Mais si tu es français qu'est ce que tu fais dans l'armée allemande, tu fais la croisade anti-russe?" -"Non... J'ai été enrôlé de force... Je suis Lorrain... Les Allemands nous forcent à entrer dans l'armée... " Lena n'a qu'un vague souvenir de la géographie française. Mais elle hoche la tête comme si elle avait comprit. Peu importe au fond... Et elle se reconcentre sur cette damnée chaussette humide qui ne veut pas passer au-delà du talon. Elle la retire finalement. -"Dis-moi galant homme français, ne laisserais-tu pas une jeune femme s'habiller à l'aise et toi par la même occasion récupérer ta veste?" Dit Lena en essayant de construire une phrase des plus élaborées. L'homme rougit et se détourne. Il fait quelque pas. Puis il s'arrête. -"Oui, mais... Il reste les chiens..." Lena éclate de rire. -"Alors c'est donc vrai votre réputation, galants et romantiques à souhait mais pas heu... Pas trop courageux hein?" -"Courageux? Si si, tu vas voir, c'était juste une question!" Répond le Français piqué au vif. Et il s'élance d'un pas résolu dans les hautes herbes, malheur aux chiens qui croiseront ses bottes. Les sous bois. Une lumière d'argent qui filtre à travers les feuillages. Malgré le faux plat, Lena tente de tenir un bon rythme de marche. Soudain elle s'arrête et se baise auprès d'un bosquet. -"Gaël, viens voir..." Le Français s'approche. Pourquoi avait-elle accepté sa présence? Sans doute parce que lui aussi devait remonter vers le Nord. Sans doute parce qu'il connaissait la région et qu'il avait donné de précieuses indications à la rouquine pour s'orienter. Sans doute parce que ce français lui paraissait sympathique, avec sa dégaine nonchalante et son accent impayable. Et surtout parce qu'elle n'avait pas envie d'être seule. Elle avait donc accepté qu'ils remontent ensemble jusqu'à Louga. Il voulait atteindre la voix ferrée qui relie Louga à Riga et il espérait sauter (clandestinement) dans un train qui le ramènerait vers l'Ouest. Elle poursuivra seule alors son chemin vers les faubourgs de Leningrad... Deux avenirs incertains... -"Regarde cette plante" Poursuit Lena en déterrant un petit feuillu. "Ses racines sont comestibles. Elles ont un petit goût sucré..." Elle tend le morceau de tubercule à Gaël. Ce dernier fait une mine dégoûtée. -"Tu manges ça?" -"Oui et c'est très bon" Minaude Lena en enfournant le bout de racine en bouche. Elle se relève. L'air un plus sérieuse. -"Mais il faudra s'y mettre quand même... A deux, mes provisions de l'Oncle Sam ne tiendront plus très longtemps..." -"Je sais mais... Oh, c'est bon, allez, je vais essayer!" Répond t il en se baissant vers la plante. Il arrache une racine et la porte à la bouche. Lena observe bien chaque mouvements du visage du garçon en train de mastiquer. Elle attend avec impatience le moment où... Ils marchaient depuis dix jours et une complicité bon enfant s'était installée entre eux. Ils se faisaient des farces. Des blagues d'écoliers. Hier c'était Gaël qui avait caché une araignée (morte, dieu merci) dans la couverture de Lena. Elle avait hurlé au soir en la dépliant alors que le cadavre de l'animal avait failli toucher sa main. "Alors les Russes? Vous courageux? Allons donc..." Avait-il ricané. Mais aujourd'hui, c'est à Lena d'éclater de rire. Le goût acide et amer vient de remplir le palais du français. Il roule des yeux dans tous les sens. -"Peste, mais comment as tu pu... Mais comment tu as fais pour manger ça?" Souffle t il entre crachats et toussotements. Elle ouvre sa main et il découvre le bout de racine intact qu'elle a seulement fait mine de mâcher... Elle redouble de rire. Ils reprennent le chemin. Lena glousse encore parfois de rire (elle se remémore le visage du garçon mâchant l'infecte tubercule) tandis que Gaël lui répond par des menaces feintes: -"Tu verras, ma vengeance sera terrible" Dit il en mimant l'accent russe. La pente devient de plus en plus raide et les deux compagnons marchent désormais en silence. Garder leur énergie pour l'effort. Faire attention où poser les pieds. Tenir son équilibre. Quand cette masse humaine déboule sur elle, Lena a ce réflexe de se baisser et de faire tournoyer son agresseur comme un soleil sur son dos. Mais elle n'a pas le temps de se retourner pour voir ce que c'était qu'elle reçoit un coup dans ses reins. Un coup de crosse de fusil sans doute. Des larmes de douleurs jaillissent de ses yeux. Lena tombe à quatre pattes. Elle tente de se relever. Elle entraperçoit une femme à califourchon sur le dos de Gaël qui lui tranche la gorge. Lena veut crier mais elle reçoit un coup de botte dans la figure. Le goût du sang. Acre. Plein la bouche. Des ombres l'entourent. Ses agresseurs sont plusieurs... Encore des coups de crosses. Lena se tord de douleur. Elle a envie de crier. De hurler. Mais aucun son ne sort de sa bouche. Quelqu'un lui grimpe alors sur le dos. Elle voit jaillir une lame devant son visage. Lena ferme les yeux. Cette fois c'est fini... Une voix féminine s'élève derrière elle et dit en russe: -"Attend Max, je veux savoir qui c'est, elle..." |