A Contre Ciel - Zwartkat

Chapitre 13

Les murs délavés. Carrelages gris. Tuyaux en zinc ballants. Robinets qui fuient. Goutte à goutte. Un miroir, un lavabo. Le miroir est ébréché. Tant mieux. Yulia n'a pas envie d'avoir une image nette d'elle-même. Elle est seule dans cette salle de douche. Seule avec sa colère. Pourquoi Lena est partie?

Durant deux heures Yulia a parcouru tous les couloirs, toutes les pièces de cette maudite caserne... Pas de traces de la rouquine... Escaliers. Portes. Salles. Appels. Dans le vide...

Elle plonge ses deux mains dans le lavabo et ramène de l'eau froide sur son visage. Doucement. Elle a encaissé toutes les remarques désobligeantes de Salienka. Vipère... Toutes ces petites remarques, autant de mots, autant de sous-entendus. Ta chérie a besoin d'une infirmière pour elle toute seule... Elle est partie sans signer de décharge, c'est une faute grave... Elle est peut être partie pour trouver une autre...

Yulia ramène encore de l'eau sur son visage. Sur ses cheveux. De l'eau qui s'écoule lentement dans sa nuque. Lentement.

La nuit tombe sur les positions russes. Un vent glacial balaye la plaine et Samm a du mal à ne pas trembler malgré ses épaisses couches de vêtements. Elle jette un regard à Maeva qui fume tranquillement une cigarette.

Elle s'assied à coté d'elle. Lui prend la cigarette des mains. Sourire complice.

-"Demain c'est promis, j'arrête..." dit Maeva.

Samm tire une bouffée. Elle tousse... Elle rend la papyrushka à Maeva. Grimace de dégoût. Les deux femmes se serrent l'une contre l'autre. Gagner un peu de chaleur.

-"Regarde, le ciel se dégage... On verra les étoiles..." Dit Samm.

Presque un chuchotement. Murmure dans la neige. Elles restent comme ça, les yeux levés au ciel. Maeva écrase sa cigarette par terre.

Sortir du lit... Mais le sol de la chambre est froid. Définitivement glacé. Salienka peste en tâtonnant dans le noir à la recherche de ses sabots... Elle les trouve... Soupirs... Toujours à tâtons elle se dirige vers la petite table où la lampe à huile est posée. Gestes du petit matin. Presque automatiques. La flamme vacille à peine dans son tube en verre que la blonde découvre avec horreur les braises éteintes du samovar... Yulia a oublié de les raviver... Quel boulet cette fille... Salienka regarde le fond de la casserole, le thé de ce matin sera accompagné de glaçons...

Les premières lueurs de l'aube caressent les vitres de la salle de garde. Yulia s'étire sur sa chaise. Grincement de bois. Grincement des articulations. Elle a clairement entendu des jurons provenir de la chambre des infirmières. Mais les crises de Salienka sont les derniers de ses soucis... Sa Lena n'est pas rentrée... Ou du moins elle ne l'a pas aperçue... Yulia se lève. Encore faire un tour dans la chambrée... Encore faire un tour dans les couloirs...

Elle sort de la salle, s'apprête à grimper l'escalier de service quand survient une explosion. Le sol semble se dérober sous les pieds de Yulia. Elle manque de tomber et se rattrape de justesse à la rampe des escaliers. Une autre explosion. Aussi fracassante que la première. Tout le bâtiment tremble à nouveau, les vitres du couloir se fissurent avant de se répandre sur le sol. Des cris de surprise et de terreur s'élèvent des chambres.

-"On nous bombarde, on nous bombarde!" Crient les patients.

Yulia regarde par la fenêtre. Pas d'avions. C'est l'artillerie allemande qui prend comme cible la vieille caserne. Les blessés, il faut les évacuer... Yulia grimpe les escaliers. Arrivée dans le couloir principal, elle est bousculée par un flot de patients, ceux encore valides qui tentent de s'échapper. Panique. Cris. Les plus faibles tombent et se font piétiner par les autres. Yulia a du mal à se frayer un passage à contre courant. Elle tente de crier des ordres pour calmer les esprits. En vain. Personne ne lui prête attention.

Les explosions suivantes sont concentrées sur l'aile gauche, à l'opposé d'où elle se trouve. Toutes aussi puissantes. Toutes aussi dévastatrices. Une fumée acre s'élève dans les couloirs. Incendie... L'aile gauche... Là où se trouve la chambrée de Lena... Et si elle était revenue cette nuit... Et si elle était là... Yulia commence à courir tant bien que mal vers la lourde porte à double battant qui sépare les deux ailes du bâtiment. Encore quelques mètres, encore quelques bousculades...

Un grondement terrifiant. L'aile gauche s'écroule complètement. Un nuage de poussières envahit le couloir. Des débris volent de partout. Sous la puissance du souffle, Yulia s'écroule par terre. Elle tente de se protéger la tête avec les bras. D'autres explosions éclatent. Une main de géant invisible vient d'arracher un pan de mur. Un appel d'air et des flammes viennent lécher toute la façade. Yulia se relève. La lourde porte donne à présent sur un enfer de flammes et de fumées asphyxiantes... Yulia doit rebrousser chemin.

Le rez de chaussée est rempli de corps. Une bonne partie du plafond s'est écroulé sur les fuyards. Fumée... Cris... Râles... Yulia enjambe les corps. Soudain une masse blanche la bouscule et s'accroche à elle.

-"Salienka!"

Les cheveux hirsutes, le regard hagard. La blonde vacille dans les bras de Yulia. C'est à ce moment qu'elle remarque avec effroi que sa collègue n'a plus qu'une jambe... Une immense tache rouge colore toute sa robe de nuit...

-"J'ai peur Yulia... "

Yulia lui prend la main. Une main presque déjà froide. Glacée. Elle tente tant bien que mal de poser la blonde doucement sur le sol. Parmi les gravas. Poussières et sang.

-"Tu sais, on a pas été fort bonnes copines nous deux... Et c'est ma faute..." Dit Salienka en lui serrant très fort la main.

-"C'est pas grave Salienka, c'est pas grave, reste calme..." Répond Yulia en lui caressant les cheveux.

La blonde tousse. Crachats de sang...

-"J'ai si froid Yulia... "

-"Tout ira bien Salienka... Je reste près de toi..."

Les explosions s'estompent... Au loin on entend le bruit des chars. Le bruit des chaînes. En écho avec les gravats des murs qui s'émiettent... Mais c'est bien la respiration saccadée de Salienka qui remplit les oreilles de Yulia.

-"Mais au fond, c'est bien que tu sois là... Tu sais après la guerre, on fera une fête et j'inviterai toutes les copines... Je veux que tu sois là aussi avec... Avec ton amie... On dansera... Ce sera sympa, non?" Réussit à marmonner Salienka.

Yulia acquièse silencieusement. Des larmes lui montent aux yeux. Mais ce n'est pas à cause de la fumée qui envahit le couloir. Elle le sait à la boule qu'elle ressent au fond de sa gorge, au fond de son cœur. Yulia pleure.

-"Et on boira du vin rouge de France, c'est le meilleur, tu sais... Yulia... Yulia... Je ne te vois plus... Tu es là?"

Yulia la serre dans ses bras.

-"Je suis là, Salienka... Tout se passera bien... Tu verras..."

Encore quelques instants comme ça. Son ancienne ennemie dans les bras. Et puis un souffle. Le dernier. Rauque. La vie a quitté le corps de la blonde.

Yulia sort des ruines de l'ancienne caserne. Elle fait quelques pas, presque en titubant. Elle tousse à chaque bouffée d'air... Autour d'elle des tas de corps étendus dans la neige. Des débris humains mêlés aux gravats des ruines... Sur fond de neige.

Un cri. Plusieurs cris. Un appel. Elle reconnaît cette voix.

-"Yulia... Yulia... Yulia...!"

La brunette voit Lena courir vers elle. Nuage de poudreuse à chaque pas. Des pas qui boitent un peu. Les deux jeunes femmes se jettent dans les bras l'une de l'autre. Lena essoufflée. Yulia, le souffle court aussi. Tourbillon d'émotions. Entre deux baisers, Yulia caresse le visage de Lena. Il est rempli de cambouis... Comme ses mains...

-"Mais où étais tu passée? Qu'est ce que tu as fait?" Demande Yulia.

Lena ne répond pas. Les mitrailleuses crépitent au-dessus des collines. Elle tourne son regard vers le front. Les premiers chars écrasent les tranchées russes. Une pensée pour Samm... Une pensée pour ce qu'elle lui a dit. Elle se retourne vers Yulia:

-"Viens, suis-moi... Ils ne nous auront pas!"

Main dans la main. Une course effrénée a travers la grande esplanade de la caserne. Lena emmène Yulia vers les ateliers et les hangars. Elles s'arrêtent devant le hangar 114. Encore intact.

-"Aide-moi à pousser la porte" Dit Lena.

-"Qu'est ce qu'il y a la dedans?" Demande Yulia, essoufflée.

-"Mon enfance..."

De toutes leurs forces, les filles poussent sur l'immense volet à rail... Ce dernier s'ébranle lentement, doucement. Yulia découvre dans la pénombre ce qui semble être un avion. Robe verte. Étoile rouge... Le biplan de Sergueï Katine. L'avion de la jeunesse de Lena. Est-ce que ce machin peut seulement encore voler?

-"Ne fais pas cette tête là... J'ai passé la nuit à le réviser... Ca devrait aller..."Dit Lena, amusée de la mine dubitative de sa compagne. "Va mettre une combinaison, chérie, sinon tu vas crever de froid..." Poursuit la rouquine en désignant le coin du hangar avec les panoplies d'aviateur.

Yulia grimpe à bord, à la place du mitrailleur arrière. Gestes encombrés par une veste et une combinaison trop grandes pour elle... Elle tente d'attacher sa ceinture mais le mécanisme est grippé. Panique. Elle se retourne vers Lena qui est occupée à vérifier plein de petits boutons et de manomètres. Elle ne veut pas la déranger. Elle décide de faire un nœud avec la ceinture... Non... Deux nœuds, c'est plus sûr...

Le moteur démarre. Soubresauts. Puis un vague ronronnement régulier. Lena lance les gaz. Le moteur s'emballe... L'avion commence sa course sur la piste... Sur ce qui reste de la piste... Pour éviter de trop nombreuses secousses au train d'atterrissage, Lena décolle le plus rapidement possible...

Yulia, qui est assise à contre sens voit ainsi le sol s'éloigner... Elle commence à avoir la bouche sèche... Les détails du paysage deviennent de plus en plus petits... Yulia s'accroche sur son siège... Ce satané avion tremble de toutes ses pièces... Son estomac se noue... Elle entend vaguement Lena qui lui demande si ça va...

-"Trop bien..." murmure-t-elle en sachant que sa réponse sarcastique ne sera pas entendue.

Lena compte rejoindre l'autre coté du front Nord. Celui qui n'est pas soumis au blocus. Quelques kilomètres vers l'Est. Elle sait qu'elle assez de carburant pour ce saut de puce. Par contre elle ne sait pas si elle trouvera une piste pour atterrir. Cinq silhouettes au loin la dérangent dans ses pensées. Cinq avions... Aux ailes incurvées... Des Stukas!

Ils ne représentent pas une menace pour elle, ce sont des bombardiers en piqué, pas des chasseurs. Tout comme elle ne représente pas une menace pour eux. L'espoir d'éviter la confrontation s'efface quand elle les voit amorcer un arc de cercle en sa direction... Sans doute qu'ils voient en ce vieil avion une cible facile.

Lena vérifie sa mitrailleuse puis réajuste les gaz. Il va falloir se battre... A un contre cinq... La manœuvre du combat. Faire monter l'avion tout en tournant à cent quatre vingt degrés pour faire face à l'ennemi...

Yulia tente de fermer ses yeux. Mais non. C'est encore pire. Son estomac est au bord de ses lèvres. Elle sursaute en entendant la voix de Lena.

-"Yulia... Tu pourrais armer la mitrailleuse?...."

Yulia écarquille les yeux. Devant elle trône une vieille mitrailleuse à double canon... Avec pleins de manettes...

-"Comment... Comment on fait?" Crie-t-elle.

Lena se retourne.

-"La manette de gauche. Tu la descends! Tu fais glisser la bandouillère. Après tu la remontes... Non, pas dans ce sens... Oui, comme ça... Après, tu enlèves la sécurité de la gâchette..."

Mais Lena s'interrompt. Elle doit rétablir son assiette. Se concentrer sur son vol. Elle se doute que Yulia ne réussira pas à faire de carton, mais peu importe, le fait que l'ennemi voit cette mitrailleuse en action le dissuadera peut être à les coller de trop près. Pourvu que ce ne soit pas Yulia qui tire elle-même dans l'empennage arrière...

Mais Lena n'a plus le temps de faire des recommandations. Les Stukas sont là. Devant elle. Elle remarque qu'ils sont armés de bombes. Chargés lourdement de bombes... C'est une aubaine pour elle, leur maniabilité est donc réduite, fortement réduite.

Elle risque alors une feinte. Un départ à gauche. Les Allemands suivent le mouvement pour rester en face d'elle. Mais directement elle réamorce vers la droite en inclinant tout son appareil. Tonneau barriqué. Une légère pression sur le manche et en rétablissant son assiette elle s'aligne face aux flancs des avions ennemis. Ils ne savent plus pivoter. Pris au piège. Lena ouvre le feu.

Après son passage sur ses cibles Lena entend une explosion. Puis une autre... Et Yulia qui crie en oubliant son mal de l'air:

-"Hourrah! Tu les as eu! Tu les as eu chérie! "

Lena se retourne. Plus que trois stukas derrière elle. Et un nuage de fumée noire... Elle se laisserait aller à la griserie de la victoire s'il n'y avait pas ce manomètre qui lui indique qu'elle n'a presque plus de carburant... Pourvu que les pilotes allemands laissent tomber ce stupide duel... Lena diminue les gaz.

Au sol, les soldats russes dans leurs tranchées poussent également un énorme "Hourrah!". Le général Vorolov sort de son QG. Sa ligne de défense est calme... Pourquoi une telle agitation? Il interpelle un lieutenant.

-"Que se passe-t-il?"

-"Un vieux Tupolev, Camarade Général, Il s'est envolé de la poche de Kolienka... Il vient de dégommer deux Stukas... Regardez..." Répond le lieutenant en tendant une paire de jumelles à son supérieur. Le général scrute le ciel quelques instants.

-"Cet avion... Je le reconnais..." murmure t-il.

Les cris reprennent de plus belle dans la tranchée. Les Stukas se sont remis en ordre d'attaque. Ils veulent poursuivre le combat... Chaque soldat a les yeux rivés sur le vieux biplan. Sur ce pilote qui défie l'ennemi...

Lena est loin de se douter de sa soudaine notoriété. Ce qui compte le plus pour elle c'est de réussir un deuxième affrontement. Elle se doute qu'elle ne pourra plus les berner aussi facilement. Elle doit reprendre de l'altitude... Lena remets les gaz à fond...

Le ballet d'approche s'engage. Lena réussit à contrecarrer toutes les manœuvres des Stukas, les forçant chaque fois à se dégager et à recommencer leur approche. Être patiente... Guetter l'erreur de l'adversaire... De temps à autre les mitrailleurs arrières lancent quelques rafales. En vain. Yulia riposte. En vain également.

Les Stukas se sont séparés pour pouvoir prendre en tenaille le biplan. Lena tente alors de se rapprocher de l'avion qui lui semble le plus mal piloté. Mauvaise assiette, mouvements saccadés... Elle fait mine de fuir devant lui. Léger piqué. Le Stuka la suit. Elle tire le manche alors de toutes ses forces. Le vieux biplan se braque, glisse de coté, perd de la vitesse. Le Stuka, surpris, la dépasse. Lena rétablit son assiette. Le cockpit de son adversaire juste dans sa ligne de mire. Lena tire. Le cockpit vole en éclat. Puis, doucement dans un sifflement lugubre, l'appareil s'abîme vers le sol.

Dans les tranchées, les soldats russes exultent de joie. On jette les calots et les casques en l'air. Non seulement ce diable de pilote réussit toutes les manœuvres mais il vient en plus d'envoyer le Stuka exploser dans ses propres lignes.

Les deux pilotes allemands qui restent doivent être fous de rage. Ce qui devait être une simple formalité tournent à leur désavantage. Ils piquent sur le biplan sans préparer leur approche. Précipitation.

Lena se positionne dos au soleil. Un soleil bas d'hivers. Un soleil aveuglant. Tirs des mitrailleuses. Face à face. Crépitement des balles. L'avion de Lena est touché. Des éclats volent tout autour d'elle. Jets d'huile. Fumées. Tenir à tout prix. Malgré sa peur. Faire face et riposter. Lena maintien son cap tout en tirant. Le premier de ses assaillants éclate en vol, le second réussit à passer. C'est à ce moment là qu'elle entend la mitrailleuse de Yulia s'enclencher. Un long tir. Lena se retourne. Une lourde fumée noire s'échappe du moteur du dernier Stuka. Yulia l'a donc touché... L'avion allemand perd doucement de l'altitude. Les pilotes tentent de sortir de l'avion. Trop tard. Trop bas...

Le général russe rend les jumelles au lieutenant:

-"Camarade Lieutenant, débrouillez-vous, mais je veux savoir qui pilote cet avion... C'est un as!"

A bord du biplan, l'euphorie règne aussi. Les deux filles ne peuvent évidemment pas se sauter dans les bras. Mais Lena réussit à attraper la main de sa compagne et la serrer fermement.

-"Tu es la meilleure, Lena Katina! " Crie Yulia.

-"Toi aussi mon petit chat!" Répond Lena toute tordue sur son siège en essayant de garder la main de son amie dans la sienne. Lena se redresse et se rassied convenablement. Elle doit rétablir son cap. Vers l'Est. Le manche lui semble plus dur à manœuvrer. Elle regarde vers l'aile gauche. Les balles ont endommagé les vérins... L'avion commence à pencher...

Mais ce n'est pas ça qui stresse le plus Lena... Ce sont les soubresauts du moteur... Lena regarde la jauge d'essence. Réservoir vide... Elle doit se poser... Tout autour d'elle, des bois... Des collines... Et en terrain ennemi en plus... Elle tente de pivoter... Le palan est maintenant coincé. Elle a du mal à contrôler l'appareil... Le moteur s'étouffe dans un dernier soubresaut.

Ne pas partir en vrille. Lever légèrement le nez pour perdre de la vitesse. Toutes ses forces concentrées sur le manche de pilotage. Garder l'assiette... Coûte que coûte... Tenter de joindre la clairière qu'elle a entraperçu.

Elle ne voit pas la cime des arbres qui se rapprochent. Elle saura qu'elle les atteint au bruit... Au choc... Lena se mord les lèvres.

"Yulia... Pardonne-moi" Pense-t-elle.

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