A Contre Ciel - Zwartkat

Chapitre 08

Une fumée âcre. L'avion part en vrille. Lena n'arrive plus à le contrôler. Elle entend les cris de Yulia. Sa Yulia. Sa Yulia... Sa.. Elle ne pense plus qu'à elle... La cime des arbres se rapproche. Elle va les percuter. Lena hurle.

-"Hé! doucement miss... Tu fais un mauvais rêve là?".

La voix douce de Yulia. Sa voix rassurante. Sa main sur son épaule dénudée. Lena regarde autour d'elle. Elle est bien dans sa chambre. Bien dans son lit. Meubles et cadres habituels. Portraits de famille. Elle goûte à nouveau à la douce tiédeur des draps. Enlacée dans les bras de son amie. Loin de l'effroi de ce cauchemar. Ce même cauchemar qu'elle a déjà fait...

-"Serre-moi fort dans tes bras..." Marmonne Lena. "Serre-moi très fort..."

Yulia s'exécute, en lui faisant plein de petits baisers. Tout doucement. Comme un pinceau qui épouse chaque contour, chaque traits de son visage. La sonnerie du téléphone.

-"Oh, non... Trop cruel ça..." Maugrée Lena. Elle se redresse de son lit.

A contre cœur. Elle fait un petit bisou à Yulia.

-"Je reviens..."

-"Je vais préparer le thé... " Répond Yulia en sautant hors du lit.

Lena la regarde s'en aller dans la cuisine, jalousant son entrain. Yulia attrape la bouilloire, fais couler de l'eau. Elle pense à ce qu'elle fera de cette journée. Lena a congé. Elle aussi. Une promenade le long de la Neva s'impose... Et pourquoi pas un tour en barque... Avec un pique nique... Elle entend la voix de Lena. Elle est enjouée. Ca doit être son père. Oui c'est ça, elle a entendu "Papa" dans la conversation... Yulia sort de la cuisine. Le général a fait jouer ses relations pour libérer les parents de Yulia. Elle n'a pas encore eu l'occasion de le remercier. Elle entre dans le salon. Enjouée, elle aussi.

-"Lena, c'est ton papa?"

Lena hoche la tête à Yulia pour lui signifier "oui" mais paraît très sérieuse, concentrée sur ce que lui dit son père.

-"Remercie le pour ce qu'il a fait pour mes parents, fais lui plein de..." Commence Yulia.

Mais elle s'arrête. Lena venant de faire un geste de la main pour lui imposer le silence. Elle regarde le visage de la rouquine se décomposer. De temps à autre elle souffle un petit "niet" comme si elle ne voulait pas croire ce que son père lui dit. Yulia voudrait prendre son amie dans ses bras. Mais elle n'ose pas. A voir les traits de Lena, la nouvelle doit être terrible. Un décès sans doute. Yulia se sent désemparée. Elle reste là, debout devant Lena. Elle raccroche.

-"Désolée ma chérie..." Parvient-elle à dire

-"Ce n'est rien mon cœur, que se passe- t-il?" Répond Yulia en prenant ses mains dans les siennes.

Lena avale sa salive. Elle détourne un peu la tête. Un instant. Puis plonge ses yeux dans ceux de Yulia.

-"C'est la guerre... Les... Les Allemands nous ont envahi ce matin..."

La grande salle de réunion des officiers de la Caserne. Une quinzaine de rangées de chaises alignées devant une estrade. Drapeau rouge et portrait de Staline. Et la table où s'installent les généraux. Lena, comme tous les lieutenants, s'assied dans le fond. Depuis dix jours elle s'assied à la même chaise. Depuis dix jours elle entend les mêmes litanies. Nous allons vaincre mais nos armées ont du reculer... Depuis dix jours, elle est ensuite renvoyée au comptage de fusils et de munitions... Dix jours... Elle pense à Yulia. Yulia fatiguée, éreintée après son service à l'hôpital. Comment trouve-t-elle encore la force de faire l'amour après toutes ces journées épuisantes? Lena sourit.

-"T'as l'air d'avoir le moral, toi..."

Lena sursaute. Elle regarde sa voisine qui vient de lui parler. Une lieutenante de cavalerie. Lena remarque ses yeux clairs. Un regard d'acier. Dur. Et pourtant de très beaux yeux...

-"Heu, oui, je... Je pensais à mon ami..." Ment Lena.

Sa voisine rit.

-"Tu as raison, vaut mieux penser à ce genre de chose..."

Les généraux entrent dans la pièce. Le père de Lena est là, il est donc rentré de Moscou. Il a l'air d'avoir prit dix ans en deux semaines. Ses traits sont tirés. Son visage est blême. Lena remarque que le Maréchal Vorochilov est là aussi... C'est lui qui prend la parole en premier.

-"Camarades officiers, vous entendez les rumeurs aussi bien que moi... Mais malheureusement, ce ne sont pas que des rumeurs... Vilnius est tombée. Mourmansk est assiégée par les Finlandais. L'ennemi avance avec une vitesse surprenante... Le chiffre de... soixante divisions perdues n'est pas si erroné que ça... Ici, à Leningrad, mais également dans toutes les grandes villes de notre pays, la décision a été prise de créer des milices civiles pour parer à... toute catastrophe..."

Le maréchal se tourne alors vers le père de Lena qui poursuit:

-"Tous les hommes de seize à soixante ans ainsi que les femmes de dix-huit à cinquante ans sont invités à former des bataillons ouvriers. Ils seront formés et encadrés par les lieutenants de cette caserne. Je verrai chacun de vous pour fournir les détails..."

Après la conférence, Lena patiente pour voir son père en faisant la file devant son bureau, comme n'importe quel autre lieutenant. L'ambiance est plutôt détendue. Mieux vaut faire de la formation que d'être envoyé au front. Ca ne se dit pas mais ça se pense très fort... Et cette pensée est visible, presque palpable dans chaque sourire et geste de ces officiers.

C'est au tour de Lena d'entrer dans le bureau de son père. Elle referme la porte derrière elle, se met face à lui, debout et fixe comme le veut le règlement. Les volets de son bureau sont clos. Mais malgré la pénombre, Lena devine que son père se passe la tête entre ses mains, comme par dépit. Elle a la curieuse sensation d'avoir déjà vécu cette scène. Son père relève la tête.

-"Ah c'est toi... Mets toi en repos, veux-tu... Allez... Viens m'embrasser..." Lui dit son père.

Lena se porte auprès de son père et se laisse prendre dans ses bras.

-"Je peux donner un bisou sur le front de mon supérieur?" Demande Lena avec son sourire malicieux. Le général sourit aussi.

-"Comment vas-tu ma chérie? Et Yulia... ?"

-"On va bien... Yulia loge à la maison, tu n'étais pas là, alors je..."

-"Pas de problème, elle peut rester tu sais... Je ne serai de toute manière pas souvent là..." Répond le général. Puis il quitte son sourire. "Et puis, profitez- en... Vivez tout... Pleinement... Profites! Profites-en Lena..."

Lena tente de lire les pensées de son père. Elle s'assied.

-"Ca va si mal que ça?"

Le général soupire.

-"J'ai reçu les derniers rapports des renseignements. Outre le fait qu'ils avancent rapidement, on est plus ou moins sûr d'une chose... Ils parquent les prisonniers dans des camps, sans soins. Ils achèvent les blessés, ils pillent et tuent les civils... Nous ne sommes pour eux que des "Untermenschen"... Des sous hommes... Ils recrutent des soldats dans toute l'Europe... D'Espagne, de France, d'Italie... C'est la nouvelle croisade."

Le général plonge ses yeux dans ceux de sa fille et termine:

-"Ils ne sont pas venus nous envahir, Lena... Non... Ils sont venus nous exterminer..."

Au centre de la caserne, dans l'immense cour règne une pagaille indescriptible. Des centaines de volontaires civils tentent de rejoindre leur affectation. Lena tient à la main un grand panneau avec la lettre "P" écrit dessus. Personne n'est encore venu la rejoindre... Même pas l'autre officier qui s'occupe de son groupe... Elle commence à désespérer lorsqu'elle voit la lieutenante de cavalerie qui était sa voisine de conférence, s'avancer vers elle.

-"Ah, je crois que c'est avec toi que je fais équipe..." Lui dit la jeune femme après avoir regardé le panneau. "Cécilia Samentchka... Tout le monde m'appelle Samm..." poursuit-elle en lui tendant la main.

Lena lui serre la main. Petite, de jolies mèches châtain s'échappant de son calot, un regard franc, sa nouvelle coéquipière lui plait.

-"Elena Katina, tout le monde m'appelle Lena..." Répond t-elle dans un sourire.

-"Ok, va pour Lena... Il paraît que notre première action, ça va être d'ériger des défenses anti-chars à la sortie de la ville... Heu... T'es douée pour le travail de terrassement toi?"

Lena jette un petit regard inquiet à sa collègue. Un commandant les interpelle. Voix rauque:

-"Qu'est ce que vous foutez, vous deux? Votre groupe est déjà dans le camion, ils vous attendent, allez, hop, on se remue!"

Lena et Samm ont envie de protester mais le commandant est déjà parti houspiller d'autres victimes. Elles sortent de la cour à la recherche du camion... Devant la caserne, une file interminable de camions. Certains vide, d'autres remplis de volontaires. Les uns chantent, d'autres, plus âgés, attendent tranquillement.

A chaque camion, des groupes différents. Un des camions est remplis de jeunes. Ils font les fous, ils hurlent, chantent, dansent... Une fille danse même sur le capot tandis qu'un gars, il ne doit pas avoir plus de dix-sept ans, joue une Katiusha endiablée sur un accordéon déglingué. Le chauffeur tente de les calmer, mais en vain... Sa casquette orne déjà la tête de l'un des jeunes. Lena et Samm s'arrêtent net. Sur la portière de ce camion, un grand "P" a été peint...

Elles tournent la tête l'une vers l'autre. Une appréhension dans le regard.

-"Bon... Ben, pas le choix..." Soupire Lena.

-"Non... Pas le choix..." Reprend Samm.

Lena se plante devant eux, les bras croisés, les lèvres pincées. Regard sévère. Samm déboule en criant un "Et alors?" . Coup de fouet sonore. Seul le chauffeur sursaute, le pauvre vieil homme se met dans un garde à vous impeccable. Le reste du groupe s'est seulement calmé. Ils regardent, un peu éberlués les deux officiers. L'accordéon se tait mais un jeune gars, boutonneux à souhait, s'exclame:

-"Oh, des gonzesses officiers..."

-"Elles sont bonnes.." Répond un grand brun.

Il n'a pas fini sa phrase que Lena l'empoigne et le projette hors du groupe. Samm se précipite vers le jeune gars encore chancelant.

-"A terre et dix pompes!" Lui crie-t-elle dans les oreilles, l'air furieux. Le jeune gars s'exécute, le regard de Samm ne lui laissant pas le choix.

-"Je suis la lieutenante Katina, et voici la lieutenante Samentchka. Vous êtes maintenant des volontaires de l'Armée Rouge. Nous sommes vos responsables. Vous vous adresserez à nous en commençant chaque phrase par "Camarade Lieutenant", Est-ce clair?" Dit Lena en regardant chaque recrue dans les yeux.

Les jeunes répondent, Mais les officiers mettent la pression en les faisant répéter plusieurs fois:

-"Est ce que c'est clair? Je n'ai rien entendu!"

-"Camarade lieutenant, oui!"

Lena remonte les escaliers de son immeuble. Plâtre défraîchi. Marche en bois. Grincements. Ses jambes sont lourdes. Toute une journée à porter des pieux en bois, les planter dans le sol, les stabiliser avec des pelletées de terre... Toute une journée à crier des ordres... A répéter les mêmes consignes... Toute une journée sous le soleil brûlant... Lena s'arrête au palier. Souffler un peu. Elle doit être toute rouge. Elle ne veut pas que Yulia la voit comme ça.

Lena pousse la porte. Elle est accueillie par une délicieuse odeur de plat mitonné. Elle s'adosse à la paroi du mur. Elle retire ses bottes en s'y reprenant à plusieurs reprises. Équilibre... Yulia sort de la cuisine. Elle a l'air soulagée.

-"Tu es rentré tard ma chérie... Il s'est passé quelque chose?" Demande Yulia.

-"Non, rien de spécial, mon cœur... Mais pas mal de boulot..." Dit Lena en laissant derrière elle deux bottes boueuses et prenant son amie dans les bras. "Et j'ai besoin d'un gros câlin..."

Lena se laisse glisser dans les bras de son amie. Réconfort. Baisé tendre. De la fenêtre les derniers rayons de soleil saluent cette étreinte. Au moment du repas, Lena raconte sa journée, les moments cocasses. Les pitreries des jeunes. L'agacement de sa collègue. Le trajet interminable avec ce vieux camion. Elle ne réussit qu'à arracher de Yulia quelques sourires. Parfois forcés. Malaise.

-"En fait, je m'en veux un peu d'être dure avec ces jeunes... Mais quand on va les emmener au front, ce serait mieux si..."

-"Qu'est ce que tu dis?" Yulia dépose sa fourchette dans son assiette. "Tu va les emmener où?"

-"Oui, Yulia... Ils vont devoir défendre la ville et..."

-"Lena, je suis désolée pour ces jeunes, mais ce n'est pas ça... Tu as dit que c'est toi qui va les emmener au front? C'est toi qui va aller au front?" Dit Yulia en haussant la voix sur sa deuxième question.

Lena sourcille un peu, surprise de la réaction de son amie. Dehors il fait nuit. Dans le cœur de Yulia aussi.

-"Je ne veux pas Lena... Ne compte pas sur moi pour te voir partir te battre, et attendre... Attendre que tu reviennes, attendre et compter les heures, les minutes... Ne pas savoir si tu vas revenir... Et comment tu vas revenir..."

-"Yulia, écoute..."

-"Non, Lena, des soldats qui reviennent du front, j'en vois tous les jours. Je donne les piqûres à ceux qu'on laisse crever. Un peu de morphine pour qu'ils ne gueulent pas trop. Des gars défigurés que même leurs propres mères ne reconnaîtraient pas... Des amputés, pas le bras coupé, non Lena, le bras arraché... Des morceaux de viande qui pendent... Le front, j'en sais plus que toi et tes petites études... Le front, je le vois défiler devant moi depuis dix jours.. Et l'odeur du sang et de la boue, j'en ai plein mes narines, Lena.. Et je ne te laisserai jamais aller la bas!" Yulia crie sur les derniers mots et éclate en larmes. Elle quitte la table, en pleurs. Elle s'accroupit à même le sol, s'adossant au divan. Elle est toute recroquevillée sur sa peine.

Lena est abasourdie. Elle ne sait quoi penser, quoi dire. C'est la première fois qu'elle voit sa Yulia dans cet état. Elle se lève. Elle va la rejoindre. Elle tente de passer son bras autour de Yulia. Mais cette dernière la repousse, coup de coude. Coup de colère. Elle regarde Lena désemparée. Elle re éclate en sanglots. C'est elle qui prend maintenant Lena dans ses bras. En pleurant toute sa peine.

-"Je ne veux plus perdre ceux que j'aime, je ne veux plus..." Réussit-elle a dire entre deux hoquets de pleurs.

Elle enfouit sa tête dans la chevelure de Lena. Lena serre les dents pour ne pas pleurer aussi. Elle regarde la fenêtre. La nuit est tombée complètement sur l'ancienne capitale des Tsars. Une nuit noire et profonde. Sans lumières. Couvre-feu oblige... "C'est la guerre" pense Lena. Elle serre les dents plus fort. En vain. Une larme coule sur sa joue.

Courir. S'écrouler à terre. Ramper. Bien lever le fusil pour qu'il ne touche pas la boue. Se relever. Grimper aux cordes. Passer la poutre. Se laisser tomber. Courir à nouveau. Lena et Samm font les exercices avec leurs recrues. Montrer l'exemple. Être avec eux. Faire avec eux. Depuis plusieurs semaines, Lena et Samm vivent ce credo. Elles exigent presque l'impossible de "leurs jeunes" comme elles les appellent. Affection. Attachement.

Lena se relève au bout du parcours et regarde la petite Maeva aux prises avec la poutre. La jeune brunette a du mal. Vertige. Lena se presse auprès d'elle.

-"Vas-y! Droug, tu peux y arriver, ne regarde pas en bas... Laisse toi pendre par les bras." Lena serre les poings. Comme si c'était elle qui était sur la poutre. Elle a même appelée la jeune fille par son surnom, sans s'en rendre compte. Samm s'approche de Lena:

-"Je peux te parler une minute?"

Lena suit Samm à l'écart. Elles traversent le champ de manœuvre improvisé dans le marais de Gideva. Les deux jeunes femmes sont couvertes de boue des pieds à la tête. Chaque pas fait un bruit gluant. Mouvement de vase. Samm se retourne et regarde les jeunes qui font leurs exercices, Elle les pointe du menton:

-"Tu les vois Lena?"

Lena les regarde. Odréï, une autre brune. Cheveux longs, maculés de terre pour l'occasion. Elle suit Maeva sur la poutre. Elle a l'air plus agile que sa copine. Dimitri. Le petit sec de la bande. Il se débat comme un diable en rampant dans la boue. Grégory réussit un numéro d'équilibre entre deux sacs de sable avant de plonger dans l'étang. Avec un juron qui retentit dans toute la plaine. Il y a aussi Yvan, Stéfania, Youri,...

-"La moitié ne reviendra pas vivante du premier combat... Ne t'attache pas trop à eux..." Poursuit Samm.

Le visage de Lena s'embrume.

-"De quel droit tu peux dire cela? ..."

-"Je ne te l'ai pas dit Lena... Pour ne pas que tu te sentes mal ou... Mais en fait... J'ai fais la campagne de Finlande... J'ai connu cette merde..." Répond Samm.

Lena regarde sa collègue. Ses yeux. Son regard. Acier. Avec une pointe de mélancolie. Lena préfère garder le silence. Elle pense à Yulia. A ses craintes. Lena commence à trembler. Malgré le soleil de cette fin du mois d'août, elle a soudainement froid. Elle avale sa salive. Bouche pâteuse. Goût de terre.

-"Ils sont à combien de kilomètres tu crois?..." Réussit-elle à demander.

-"J'ai entendu dire que Novgorod est tombée... Moins de cent kilomètres... C'est pour bientôt..." Répond Samm.

Le ciel est bien dégagé cette nuit là. La lune éclaire même la chambre. Un rayon pâle dessine des ombres sur le bord du lit. Lena sert contre elle Yulia. Elle sent à sa respiration qu'elle ne dort pas encore. Dehors un bruit d'avions dans le lointain. Des flashs de lumière. Quelques coups de DCA. Quelques explosions de bombes. Les Allemands bombardent le complexe industriel. Depuis une semaine ils jouent à ce petit jeu. En vain, Les Russes ont démonté leurs usines et ont acheminé le matériel loin dans l'Est. A l'abri.

Yulia se retourne pour faire face au visage de Lena.

-"C'est demain que tu pars?" Murmure t-elle.

Lena acquiesce. Demain son groupe prend la défense de la zone Ouest pour une semaine. Une semaine de tranchée. A attendre... Ou pire... A se battre.

-" Je... J'essayerai d'être forte... Je... Je t'attendrai" Soupire Yulia.

-"Je sais mon ange." Et Lena l'embrasse.

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