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A Contre Ciel - Zwartkat Chapitre 07 Trois milles deux cent onze chaussures.... Ca fait combien de paires de souliers, ça? Le fonctionnaire de l'intendance avait souligné cette question avec de l'encre rouge. Lena l'imagine, la langue coincée entre les dents et posant méticuleusement la règle sous les mots. Il a du quand même un peu trembler se dit-elle. Une rature d'encre s'étalant entre le "deux" et le "cent" en est l'indice... Elle se retient de rire... Que va t'elle répondre? Elle avait envie d'évoquer l'éventuelle possibilité de chausser un unijambiste, mais elle sait que le sens de l'humour des fonctionnaires est très limité. Or elle doit répondre à cette missive, c'est son rôle Lena s'étire et regarde par la fenêtre. Évasion momentanée du bureau. Ce n'est pas encore le printemps, mais il y a quelque chose dans l'air. Quelque chose d'aussi doux et pourtant d'aussi impalpable que le plissement des yeux de sa Yulia quand elle lui dit "Je t'aime". Cette expression qu'on aimerait fixer à jamais sur une photo et qui pourtant s'échappe toujours, même au meilleur des clichés. Ce genre d'image est condamnée à trouver refuge que dans la mémoire des amants. Lena tente d'imaginer ce que fait Yulia. Est-elle aux cours? Est-elle en stage pratique? Ces maudits stages que la brunette affectionne d'évoquer, surtout au moment du repas en n'omettant aucun détails bien sûr... Lena soupire. Encore deux heures avant de la voir... Est ce que trois milles deux cents onze chaussures sauront la faire tenir jusque là? Yulia découpe avec précaution le thorax. Elle a l'impression que son cadavre va à tout moment se relever de la table pour se répandre en cris et gémissements. Mais, non. Ce dernier reste tranquille. D'habitude elle travaille en stage pratique avec Kristina, sa colocataire. Mais cette fois-ci, Yulia se retrouve seule. Comme tout à l'heure, à la pause déjeuner, à la table de ses amies habituelles, sa place était occupée par une autre, elle a du manger son quignon de pain seule aussi. La relation entre le morceau de pain qu'elle a grignoté et le thorax qu'elle découpe à présent la fait sourire. Elle relève la tête. Elle a envie de croiser le regard d'une de ses amies afin de faire une petite grimace dont elle a le secret. Mais elles ne semblent pas l'apercevoir. C'est peut être le regard fuyant de la blonde aux bonnes joues, Salienka, qui déclenche une pensée stupide dans l'esprit de Yulia: " Et si elles me fuyaient?". Yulia chasse aussitôt cette idée. Il n'y a aucune raison à ce qu'elles fassent cela. "Allez, Yuyu, fais pas ta parano...". Et elle termine dans un grincement sinistre d'ouvrir le corps du cadavre. Sortir tous les organes. Mains gluantes. Contact froid. Visqueux. Et une odeur douceâtre que même le formol n'arrive pas à contenir. A la fin du cours peu d'élèves n'ont pas le cœur au bord des lèvres. L'eau qui ruisselle. De l'eau chaude. Réconfort. Abandon. Yulia n'a pas envie de sortir de la douche... Et pourtant il le faut, Lena va l'attendre... Et encore s'inquiéter.... Elle fait glisser la porte. Elle traverse la chambre à la recherche d'une serviette. Elle ne prête aucune attention à Kristina et ses copines réunies dans la chambre. -"Hé... Volkova... ça te plait de te balader à poil comme ça, devant nous?" Demande Salienka avec un ton suffisamment désagréable pour que Yulia se retrouve tout de suite sur la défensive. -"T'es pas dans ta chambre, Salienka, alors mêle toi de ce qui te regarde..." Rétorque Yulia qui trouve enfin la serviette. Coincée entre sa valise et le fauteuil. Demain, c'est promis, elle rangera. -"Ha oui... Tu réserves peut être de montrer ton corps à ta rouquine du NKVD... Moi je crois plutôt que les lesbiches , ça drague tout le temps..." Continue la blonde. Les autres ont un petit rire. Yulia arrête de se sécher. Elle les regarde. Salienka, la blonde... Kristina, sa collègue de chambre, Elisa et Dushka les deux inséparables acolytes... La froideur qu'a senti Yulia toute la journée n'était pas qu'une simple impression... -"N'est-ce pas petite gouine...?" Continue Salienka. Yulia s'entoure de sa serviette et se plante devant la blonde. Elle la fixe dans les yeux. -"T'en fais pas, Salienka, même si je suis gouine comme tu dis, il me viendra jamais à l'idée de draguer un boudin comme toi!" La blonde essaye de gifler Yulia. Mais cette dernière est plus rapide. Dans un mouvement brusque, elle tape son front en plein dans le nez de la blonde. Craquement. Saignement. Et une douleur forte au front... S'ensuit alors un pugilat entre Yulia et les autres filles. Seule Kristina reste à l'écart. Coups de pieds, gifles, griffes. Yulia riposte comme une lionne, mais à trois contre une, elle se retrouve finalement projetée par terre et subit les coups des autres. -"Arrêtez ça!" Crie Kristina, "Arrêtez ça tout de suite! Allez, hop, vous trois, dehors de notre chambre!" Le ton est suffisamment sévère pour que Salienka et ses deux compères s'exécutent. Avant de sortir, tout en tenant son nez endolori, Salienka lance à Yulia: -"On a pas fini nous deux, je te rendrai la vie impossible, je te le promet..." Yulia se relève, furieuse avec une folle envie de riposter mais Kristina ferme la porte de la chambre derrière le dos de la blonde. -"Allez assied toi et calme toi, tu saignes un peu à la lèvre, je vais t'arranger ça..." Dit Kristina en prenant un mouchoir et le passant sous l'eau. -"Tiens, tu me causes et tu veux me soigner.... T'oublie peut être que je suis lesbienne..." Maugrée dans ses dents la brunette tout en s'asseyant. En guise de réponse, Kristina lui prend le visage et passe délicatement le mouchoir humide sur sa lèvre blessée. Elle fait mine de bien regarder la blessure et subitement approche son visage près de celui de Yulia et l'embrasse. Sur la bouche. Baiser volé. -"Il y a des secrets qu'il vaut mieux bien garder, Yulia...." Lena poireaute depuis presque une demi heure dans la cantine. Elle n'a vu aucune des amies de Yulia. La salle se vide doucement, les plus jeunes devant se rendre à la salle d'étude. Lena se lève aussi. Un besoin de se dégourdir les jambes. Elle sort de la cantine et se retrouve dans le couloir principal. Lumière blafarde. Carrelage gris. Murs blancs délavés. Lena fait quelques pas. Elle lit machinalement les affiches et autres avis divers qui sont punaisés sur le mur. "Un geste qui sauve: donnez votre sang!", "Notre équipe de volley, Deuxième au Championnat National Inter hospitalier",... -"Lena?..." Lena se retourne. Yulia, avec un petit sourire désolé. Ses cheveux en pagaille comme d'habitude. Peut-être même plus que d'habitude. -"Bonsoir ti chaton" Dit Lena en lui prenant ses mains. "Mais qu'est ce que tu t'es fais à la lèvre?" -"Rien... c'est rien..." Répond Yulia tout en se passant la langue sur la lèvre comme pour masquer la petite entaille. -"Petit chaton s'est battu?" Poursuit Lena. Yulia hausse les épaules. Elle marmonne encore une fois entre ses dents que ce n'est rien. Lena la regarde avec un petit sourire amusé. -"Soit, j'ai l'impression que j'en saurai pas davantage... Tant pis, Allez viens, ti chaton bagarreur, je t'emmènes..." Dit Lena en prenant Yulia par le bras. Les deux jeunes femmes sortent. -"Tu verras, c'est un endroit magique..." Dit Lena tout en serrant son amie très fort contre elle. Elles traversent ainsi la ville, se rendent au bord de la Neva et suivent le fleuve jusqu'à l'embouchure de la mer. Le soleil baisse peu à peu. Yulia est fatiguée et a du mal a suivre son amie. Mais le vent l'aide, la porte, la transporte. A moins que ce ne soient ces plages de galets. Éclats de milles reflets sous les derniers rayons de soleil. A moins que ce ne soit le son des vagues. Mélodie des cailloux qui pétillent sous l'eau. A moins que ce ne soit le parfum ambré de Lena. Bouquet flamboyant de sa chevelure. Au détour d'une colline, enivrée de tous ces sens, Yulia découvre une plage parsemée d'immenses navires, abandonnés à même le sable. Couchés sur le flanc ou se tenant encore droits et fiers. Les mats et les tourelles pointant dans toutes les directions. Bras d'acier tendus et entremêlés. Il se dégage de ces géants inanimés comme un curieux sentiment d'éternité. Comme si ces cargos, ces frégates, ces croiseurs n'avaient jamais fini de voyager entre ciel et mer. A moins que ce ne soit le vol des mouettes qui les frôlent de si près. A moins que ce ne soit le bruit du vent. A moins que ce ne soit... Lena s'arrête. -"Voila, ce que je voulais te montrer.... le cimetière des bateaux..." Chuchote presque Lena. Yulia suit Lena qui semble savoir où aller. Elles passent entre les carcasses de ces mourants d'acier. Yulia se sent toute petite, toute vulnérable. Elle tient la main de Lena. Et se laisse guider. Lena lui jette des petits regards. Amusés. Tendres. Rassurants. Arrivée au pied d'un vieux croiseur, Lena se dirige vers une échelle en corde qui longe la coque du géant et commence à grimper. Yulia s'arrête. Elle lève la tête. -"Lena? Tu... Tu comptes monter, là... tout en haut? " Lena se retourne et sourit. Son sourire d'ange. Enjôleur. Merveilleux sourire. Maudits soient les sourires qui ont autant de charme pense Yulia tout en commençant à grimper à l'échelle. Maudites soient ces échelles en cordes qui bougent autant... -"Ne regarde jamais en bas, petit chaton, garde tes yeux sur mes chevilles et grimpe doucement..." Dit finalement Lena. Arrivées sur le pont, les deux filles se dirigent vers le devant du bateau. Enjamber les passerelles affaissées. Contourner les débris. Labyrinthe de coursives. Vaisseau fantôme. Frissons. Lena s'arrête à la pointe de la proue et s'assied à même le sol, laissant ses jambes traîner dans le vide le long de la coque. Elle se tient à la rambarde. Tout son corps offert au vent. -"Tu es la première personne que j'emmène ici..." Dit Lena en regardant la mer devant elle. Yulia s'installe à ses cotés. Prudemment. Vertige oblige. Lena lui reprend la main. Yulia regarde son amie. Entre mi ombre et mi lumière. Crépuscule. Lena lui paraît plus belle que jamais. Elle repense à ce qui s'est passé dans sa chambre. La bagarre avec Salienka. Le baiser volé de Kristina. Et puis ce second baiser... pas volé... plus appuyé, plus charnel... Moment d'égarement. Trahison. Doit elle le dire à Lena au risque de gâcher cet instant. A quoi bon? -"Je jouais à Capitaine, j'étais corsaire, je faisais plein de voyages périlleux, des tas d'expéditions... Des aventures océanes, des chasses au trésor... Dans mes histoires, il y avait toujours une jolie princesse que je devais sauver. Aujourd'hui, dans mes souvenirs, il me semble qu'elle te ressemble..." Dit Lena. Yulia serre très fort la main de Lena. Elle a envie de la prendre dans ses bras, de l'embrasser. Mais elle se retient. Elle goûte pleinement à ces confidences. Secrets d'enfant et d'un vieux bateau. -"Je pouvais aussi être très songeuse et regarder la mer pendant des heures, sans rien faire... Ca m'arrivait même de parler à ma maman... Et j'écoutais ses réponses dans le vent..." Continue Lena. Elle tourne la tête vers Yulia et sourit tristement: -"Ca peut être stupide, une petite fille rousse..." -"Oh non, Lena, tu n'es pas stupide..." proteste Yulia. "Tu... tu es magnifique, ma chérie... et cet endroit est superbe... Et..." Yulia approche son visage de Lena et effleure ses lèvres tout en lui murmurant : "Et je suis ta princesse..." Et elles s'embrassent. Saluées par un tourbillon de mouettes fendant un ciel rouge et noir. Le parc de l'hôpital central. Une large pelouse verte parsemée de platanes. Sous le soleil de plomb de ce mois de juin. Yulia est adossée à un arbre. elle contemple les préparatifs du banquet de ce soir. Des ouvriers et des élèves dressent des tentes et des pergolas qui abriteront la fête de fin d'année académique. Kristina aperçoit la brunette et se dirige vers elle. les bras chargés de nappes blanches. -"Alors la miss, on lézarde?.... " Demande-t-elle avec un grand sourire avenant. Peut être même trop avenant au goût de Yulia. -" Repos bien mérité... non?" Répond Yulia. -"C'est vrai, on a toutes réussi... Passeport pour une seconde année... C'est clair qu'on est douées." -"Non, c'est clair qu'ils ont besoin d'infirmières, nuance..." Répond Yulia. Et les deux filles se mettent à rire. Kristina dépose ses nappes et s'installe auprès de Yulia. -"Tu feras quoi pendant ces vacances?" -"J'ai pas trop le choix, je travaillerai comme aide soignante au service des urgences... Besoin de sous..." Répond Yulia en levant les yeux au ciel dans une petite grimace désolée. -"Moi, demain, je pars à Kiev, mes grands parents ont une petite ferme... Vacances nature... Le site est génial, je t'enverrai une carte postale..." Dit Kristina en regardant Yulia dans les yeux. -"Ok, c'est sympa." Répond Yulia, un peu gênée et détournant le regard. Moment de silence. -"Au fait..." Reprend Kristina, " Tu... Tu viens seule ce soir?" -"Kristina... Je t'ai déjà dit que ce qui s'était passé l'autre jour, c'est..." -"C'est pas ça ma question." Répond sèchement la grande brune. Yulia soupire. -"Non, je viens avec Lena. Désolée..." Kristina se relève, elle reprend ses nappes. -"Tu n'as pas à l'être, Yulia... Elle est... Elle est plutôt jolie..." -"Je suis amoureuse, Kristina..." Kristina hoche la tête et s'en va. Lampions colorés, tables décorées, orchestre et piste de danse. Buffet à volonté. L'ambiance est à la fête pour tout le personnel et les élèves de l'hôpital. Yulia et Lena se sont installées à la table des secouristes, de grands gaillards au franc parler avec qui Yulia avait sympathisé. -"Au solstice d'été, à cette nuit la plus courte et à cet hôpital de fous " Lance Yvan en levant son verre. Lena, assise en face de Yulia se font un petit santé en se regardant dans les yeux. Lena se penche vers Yulia et lui glisse à l'oreille: -"A nos nuits..." -"Qu'est ce que vous marmonnez, les filles?" Demande Yvan en vidant d'un trait son verre. -"Chut Yvan, ce sont des secrets de filles!" Tente d'éluder Yulia en frappant le bras de son collègue. -"Mon père est parti depuis une semaine, alors on fait les folles dans l'appart... Et j'ai dit à Yulia: A nos voisins..." Rétorque Lena. Éclats de rire. Le grand Yvan commence à questionner Lena sur ce qu'elle fait, sur qui elle est. Yulia la regarde répondre avec assurance et sourire. Une Lena toute en confiance, superbe dans sa petite robe d'été. Une petite robe avec un décolleté dont le regard de Yulia a du mal à se détourner. Soudain Yulia sursaute. Elle sent une caresse sur son mollet. Elle regarde Lena, pas de doute, cette dernière a retiré sa sandale et lui caresse la jambe sous la table. Délicieuse sensation de l'épiderme tendre de la plante de ses pieds. Yulia sent une bouffée de chaleur. Elle rougit. Lena ne laisse rien paraître de son manège Elle poursuit la conversation avec Yvan. comme si de rien n'était... Elle se retourne vers Yulia: -"Ca ne va pas Yulia? Tu es toute rouge.." Lance-t-elle dans un sourire malicieux. -"C'est vrai ça, Volkova, faut arrêter de boire..." Surenchère Yvan. Yulia se penche vers Lena et lui chuchote: -"Tu es une peste!" -"Tu veux que j'arrête?" Chuchote aussi Lena. -"Non, surtout pas, mais tu es quand même une peste..." L'orchestre commence à entonner des chansons entraînantes et au fur à mesure des verres de vodka les gens se retrouvent sur la piste de danse. Lena et Yulia échappent de justesse à une farandole et trouvent refuge à l'ombre d'une tonnelle un peu isolée. Elles sont vite rejointes par Yvan et ses collègues. -"Allez les filles venez danser..." -"Elles danseront pas avec vous, vous êtes des mecs et elles sont gouines de chez gouine ces deux là...." Salienka dans toute sa splendeur de serpent. Accompagnée de sa cour de vipères. Yulia remarque que Kristina ne s'est pas jointe à elles. Avec soulagement. -"Tiens ton petit officier ressemble plus à une femme sans son uniforme, Yulia..." Poursuit la blonde. Lena se dirige vers elle, Yulia tente de la retenir mais elle se dégage et se plante devant la blonde avec un grand sourire. -" Ouaip, comme tu dis, je suis officier... Et tu sais ce qu'on apprend d'amusant à l'école des cadets? A transporter un blessé qui se débat sous le feu de l'ennemi... Toute une technique..." Dit Lena en fronçant les sourcils sur ses derniers mots. -"Et qu'est ce que tu veux que ça me..." Salienka n'a pas le temps de terminer sa phrase que Lena l'attrape par la jambe et le bras en la faisant basculer sur son dos et la porte comme un sac de patates. Toute l'assemblée se met à rire. Salienka se débat comme un diable mais Lena la porte ainsi jusqu'au bord de l'étang sans broncher. En une détente, elle projette la blonde dans l'eau. -"Désolée, fille... T'es trop lourde...." Yvan applaudit tout en gloussant de rire: -"Y a pas à dire, vous, à l'armée, vous avez du tact avec les blessés..." Après les éclats de rire, le petit groupe retourne sur la piste de danse. Kumusha, Katiucha, autant de danses, de musiques et de rires. Ce n'est que tard dans la nuit que les deux filles prennent le chemin du retour. Arrivée sur le palier de l'appartement, Yulia attrape le bras de Lena. -"Merci ma corsaire de m'avoir sauvée tout à l'heure..." -"De rien, ma princesse." Répond Lena en l'embrassant. C'est enlacées qu'elles ouvrent la porte, entrent dans l'appartement, referment précipitamment derrière elles et commencent à se déshabiller tout en s'embrassant. Yulia éteint la lumière. -"Non, laisse un peu de lumière, tu es trop belle pour que je t'aime dans le noir..." Murmure Lena. Cette nuit là, la lumière de l'appartement des Katine reste allumée jusqu'au matin. Cette nuit là, beaucoup plus à l'ouest, les vrombissements de milliers de blindés, de centaines d'avions viennent déchirer le silence de petits villages frontaliers. |