A Contre Ciel - Zwartkat

Chapitre 06

L'horloge. Toujours elle. Son tic-tac. Un métronome pour les cents pas de son père. Un va et vient incessant entre les buffets de la salle à manger. Lena, elle, est assise. Elle a encaissé sans rien dire. Toutes les insultes, toutes les remarques désobligeantes. Elle fixe la fenêtre. La bruine tombe doucement et gèle sur les vitres, les gouttes d'eau emprisonnées par le froid formant autant d'étoiles de glaces.

Elle a eu droit surtout au couplet sur le mensonge. Et là, elle ne pouvait pas se défendre. C'est vrai elle lui a menti. Une étoile de givre s'étiole. Une de plus.

Et puis toute une litanie sur les méfaits de l'homosexualité. D'ailleurs soit elle stoppe ses cochonneries, soit elle n'a qu'à quitter la maison, il ne veut pas d'une fille lesbienne.

-"C'est peut-être pas de ta faute... C'est peut-être dans la famille... Le cousin Ygor, ben, lui aussi a.. a cette... " Grogne entre ses dents son père.

-"Cette quoi?" Souffle Lena en relevant la tête.

-"Cette maladie Lena! tu ne t'en rends peut être pas compte, mais c'est pas normal ce que tu fais!.. C'est... C'est dégoûtant!"

La pluie a abandonné la partie. A présent ce sont les flocons de neige qui caressent les vitres.

-"Maladie? dégoûtant?..." Lena est blême, elle se lève. Elle se met debout face à la vitre, tournant le dos à son père. "Je me souviens, je me souviens très bien... J'avais même pas huit ans. Tu sortais tous les soirs. Réunion de travail, tu disais..." Poursuit-elle.

-"Et alors, qu'est-ce que ces vieilles histoires ont à voir avec..." Tente le général mais Lena le coupe:

-"Quand tu rentrais, tu poussais toujours la porte de ma chambre, voir si je dormais bien. Je ne dormais pas. Je faisais juste semblant. Tu déposais un bisou sur mon front. J'en aurais été heureuse si seulement... A chaque soir tu empestais le parfum. Du parfum de femme. Un différent à chaque nuit. Et ce baiser était chaque fois une trahison pour moi. Pour ma mère. Pour tous les principes que tu m'inculquais... Oui, papa, ces effluves bon marché, si tu savais comme je les ai trouvées dégoûtantes..."

Elle se retourne, les yeux pleins de larmes vers son père. Celui-ci s'est assis, il accuse le coup.

-"Et pourtant, papa, jamais, non, jamais, je n'ai pensé de toi que tu étais un malade!"

-"De toute manière tu ne peux pas savoir ce que c'est que la sexualité d'un homme..." Marmonne son père.

-"Que Dieu m'en préserve!" Rétorque Lena.

Le tic-tac de l'horloge.

-"Tu vas être malheureuse, les gens vont se moquer de toi, vont se moquer de nous, c'est complètement insensé..." Se lamente son père, la tête entre ses mains.

-"Arrête papa... Arrête... Je sais que tu veux mon bien, je sais que tu m'aimes... Tu sais aussi que je t'aime... Mais ne me force pas à faire un choix stupide, que tous les deux on regrettera... Je ne sais pas si je suis lesbienne ou pas... Tout ce que je sais, c'est que je ne peux vivre sans Yulia, je l'aime. Plus que tout... "

Plein de fumée. Et ça pique à la gorge. Lena est dans cet avion. Dans cette fumée. Presque un brouillard. Elle pilote ce gros biplan tant bien que mal. Elle essaye de fuir. Elle le sait. Elle joue du palonnier pour tenter de désorienter son ennemi... Quel ennemi?

Elle se retourne. A la place du mitrailleur, elle se voit. C'est elle à huit ans. Une petite Lena. Vêtue de son manteau rouge, celui que lui avait offert Tante Marshka pour son Noël. La grande sœur de sa maman. Presque sa propre mère. Elle est si petite que son menton n'arrive même pas à la hauteur de la grande mitrailleuse censée la défendre. Mais elle s'en moque. Du haut de sa candeur de ses huit ans, elle lui adresse un grand sourire. "Le sourire de ta maman", disait tante Marshka.

Lena a envie de lui dire de faire attention, de se coucher au fond du cockpit. Mais elle doit se concentrer sur le pilotage. Regarder à nouveau en avant. Esquiver ces tirs qui deviennent de plus en plus précis. Qui la pourchasse? Un avion finlandais? Un avion allemand?

Des balles déchirent la voilure de ses ailes. Elle se retourne à nouveau vers le poste du mitrailleur. Ce n'est plus Lena enfant qui est là. C'est Yulia. Sa Yulia. Elle est accrochée à la mitrailleuse, Blême. Le visage défraîchi par la nausée. Seuls ses yeux perçants ont encore un souffle de vie.

-"Ne t'en fais pas mon cœur, ils ne nous auront pas!" Lui crie Lena. Mais ses mots se perdent sous le bruit du moteur et de la mitraille.

Son père assis derrière son bureau. La pièce est toute sombre, les volets sont fermés. Sa tête entre les mains, son père gémit :

-"Je t'avais bien dit de ne pas devenir pilote, Lena..."

Lena est debout devant lui. Fixe. Au garde à vous.

-"Je suis lesbienne, papa..."

Elle est à nouveau dans l'avion. Les tirs ont redoublé. Elle se retourne vers Yulia. Cette dernière a le regard qui devient grave, presque furieux :

-"Sais-tu au moins ce que ça veut dire, être lesbienne?" Lui adresse Yulia.

Lena n'a pas le temps de répondre. Elle voit maintenant l'avion qui les pourchasse. Un Messerschmitt 109, le plus terrible des chasseurs nazis. Elle tente d'amorcer une vrille pour se désengager, mais son avion est trop lourdaud. Le chasseur est sur elle. Il tire ses rafales. Bruits secs et sifflements. Des éclats volent de partout.

Elle entend les cris de Yulia. Mais elle ne peut se retourner. Toutes ses forces et son attention se portent sur le manche de l'avion qui est devenu incontrôlable. Un jet d'huile lui brûle le visage, des flammes s'échappent du moteur. Son appareil tombe doucement, dans un léger frémissement, comme une bête blessée à mort. Lena hurle de douleur et de frayeur.

C'est son propre cri qui la réveille. Elle est en sueur dans son lit. Redressée. Le cœur battant. Elle passe la main sur son visage, l'huile de son rêve la brûle encore.

Elle se lève. Doucement. Encore un peu sonnée et ayant du mal à distinguer le réel du rêve. Dehors lui parviennent les premiers bruits de la ville qui s'éveille. Elle s'apprête sans conviction, aujourd'hui est son premier jour pour sa nouvelle affectation.

Devant son miroir, elle réajuste son uniforme. Elle a hérité d'une planque, un travail de fonctionnaire à l'intendance. Rien de bien palpitant, bien loin des tournois d'avions qui ont peuplé ses fantasmes d'enfants. Le seul avantage c'est que tous les soirs, à 17H00, elle peut rentrer chez elle. Autant de temps libre qu'elle saura utiliser pour voir Yulia... Yulia... Ce prénom lui redessine un sourire sur ses lèvres. Elle en profite pour rester quelques instants de plus devant son miroir. C'est vrai que je suis jolie...

En passant devant la salle à manger, elle voit son père. Il a passé la nuit dans le fauteuil. Recroquevillé, la tête mal coincée sur l'accoudoir. A son passage, il entrouvre les yeux.

-"Tu rentres à quelle heure? ..."

-"Je ne sais pas, papa... Sans doute en fin de soirée..." Répond Lena. Elle a envie de rajouter que tout dépend du temps libre dont disposera Yulia, mais elle se ravise. Son père l'observe comme s'il avait pu lire dans ses pensées.

-"Je te garderai une portion de repas que tu pourras réchauffer... Et sois prudente si tu rentres tard..."

Elle s'approche de lui et lui fait un baiser sur le front. Il lui rend un petit sourire triste.

-"A tout à l'heure ma chérie... "

-"A ce soir papa..."

Le traité de paix n'était pas encore signé, mais le cessez-le-feu était bien effectif se dit-elle en descendant les escaliers de l'immeuble.

La journée se passe comme elle l'avait imaginée. Enfermée dans un bureau triste avec des tas de papiers à classer, à archiver. Puis des nouveaux formulaires à remplir, des cachets à vérifier, des chiffres à copier sur des grands cahiers. Puis, à nouveau, tout classer, tout archiver...

Le contact du froid sur ses joues. Accueil stimulant de la nuit pour Lena qui sort de la caserne. Elle se faufile dans le flot des ouvriers et des employés qui ont terminé leur travail. Défilé désordonné le long des artères principales de la capitale de la révolution. Lena connaît bien cette ville. Celle de son enfance. Les places immenses, les larges avenues, surmontées d'autant de tâches de lumière que de lampadaires majestueux. Et la promesse de faire partager toutes ces couleurs et lumières à Yulia la remplit de bonheur.

L'école d'infirmières de L'Hôpital Central de Leningrad. Bâtisse austère. Section internat. Lena parcoure les longs couloirs. Des étudiantes se retournent sur elle avec des petits gloussements. Avec son uniforme, Lena ne passe pas inaperçue. On lui a renseigné la cantine, le centre névralgique du pensionnat où les apprenties infirmières se retrouvent autour d'un samovar pour papoter et boire le thé...

Une porte à deux battants. Lena les poussent doucement. La pièce est remplie de jeunes filles de tous les âges. Les sections aides-soignantes et infirmières y sont mélangées. Les plus jeunes pointent du doigt Lena et commencent à pouffer entre elles, les plus âgées reconnaissent le col à bande verte, NKVD, et préfèrent se détourner. Lena scrute l'immense pièce mais ne voit pas tout de suite Yulia dans cette foule joyeuse d'uniformes blancs.

Et pourtant, elle est là. Sa Yulia. Toute timide, assise à une table, écoutant poliment les conversations de ses collègues. Lena sourit en l'apercevant. On a du mal en la voyant comme ça, que ce petit bout de femme peut devenir un diablotin, prête à toutes les plaisanteries. Lena est certaine que ses collègues ne mettront pas trop de temps à le découvrir.

Elle s'approche et quand Yulia l'aperçoit à son tour, l'éclat de son visage qui s'illumine fait plaisir à Lena. Elles sautent dans les bras l'une de l'autre, seul le bisou est judicieusement placé sur la joue, en débordant légèrement sur le coin des lèvres, comme seul sait le faire sa Yulia. Ses collègues sont assez interloquées et Yulia se trouve d'un coup sous une nuée de questions :

-"C'est ta sœur? Elle est militaire?"

-"Comment elle s'appelle? Présente-la-nous!"

-"C'est ton amie dont tu as parlé? Viens t'asseoir, installe-toi!"

Lena s'installe au coté de Yulia. Un peu frustrée de ne pas pouvoir la serrer dans ses bras. Mais c'est sans doute ça "les obligations sociales" dont parle assez souvent son père. La tablée est pourtant joyeuse, Lena et Yulia rient de bons cœurs et répondent aux questions. Sans se concerter, Lena et Yulia passent sous secret deux choses : La détention de Yulia... Et la nature exacte de leur relation. Et de temps en temps, un petit sourire en coin, un clin d'œil entre les deux femmes viennent sceller cette complicité muette.

-"Hey, regarde Yulia, ces deux-la!" Dit à un moment une blonde aux bonnes joues bouffies et bien rouges en désignant deux filles à l'écart. "Observe les bien, tu vois rien ?" Poursuit la blonde.

Yulia regarde les deux filles. Elles discutent doucement à une table. Elle les reconnaît, elle les a déjà croisées dans l'amphithéâtre des cours, toujours assises à l'écart. Un peu timides, un peu réservées. Même au réfectoire elles sont souvent seules. Mais sinon, rien ne les distingue vraiment. Yulia en trouve une bien mignonne d'ailleurs mais le ton de la question ne semble pas engager une telle réponse se dit Yulia.

-"Mhhh, je vois rien de spécial..." Finit-elle par répondre.

-"Ce sont des gouines! Elles sortent ensembles" Dit la blonde comme si le triomphe du scoop lui revenait. Elle poursuit en haussant la voix, sous le rire de ses collègues : "Ce sont des broutes minous, des Beurk, faut se méfier de ces salopes, Yulia, ça te coince dans un coin et ça te fout leur chatte dégoulinante sur ton visage! Elles ne savent pas ce que c'est qu'un homme"

Les rires redoublent. La blonde mime un pénis dressé avec son bras et s'adresse directement aux deux jeunes femmes :

-"Hein que vous ne savez pas ce que c'est qu'une bonne queue?"

Yulia baisse la tête un peu et se lance dans un petit rire. Etre de concert avec ses collègues... Un peu de lâcheté au fond du cœur qui doit lui faire mal. Lena a envie de rétorquer à la blonde que vu comment elle est foutue, elle non plus ne doit pas savoir ce que c'est qu'un sexe d'homme, toute hétéro qu'elle est. Mais elle se ravise. C'est Yulia qui doit vivre avec ces gens, pas elle.

Lena croise toutefois le regard d'une des deux jeunes femmes. Elle aurait envie de lui faire un sourire, un geste de compassion. Mais Lena aussi, baisse les yeux. Avec le même pincement au cœur. Avec la même blessure. Pourvu que ça ne se voit pas trop.

La conversation change heureusement de sujet avec une grande brune qui pose de tas de questions à Lena sur son métier d'officier. Lena parle de son souhait d'être aviatrice. Yulia sent dans les paroles de son amie comme un énervement. Lena parle très vite quand quelque chose l'a contrarié. Yulia se doute de ce que c'est. Elle décide donc d'interrompre la conversation, et prétexte un rendez-vous imaginaire avec des cousins pour se retirer de la cantine avec son amie.

Une fois à l'extérieur, les deux jeunes femmes marchent côte à côte. C'est Yulia qui prend la main de Lena dans la sienne. Elles n'ont pas besoin de parler. Seul le contact de leurs paumes, de leurs doigts. Elles s'arrêtent sur un pont. Elles se font face. Sans se lâcher les mains. Puis elles s'étreignent. En un serment d'amour.

Les semaines passent. Entre le boulot un peu abrutissant et les soirées merveilleuses avec Yulia, Lena trouve son compte de bonheur. Juste ce petit goût de trop peu que connaissent tous les amants qui ne peuvent se rencontrer que dans les endroits publics. Ce goût de trop peu qui parcoure tout son corps quand elle embrasse Yulia. Cette tension au fond d'elle-même. Cette soif de caresses.

Mais ce n'est pas cela le pire. Le pire, c'est ce jeu de cache-cache perpétuel, s'embrasser dans l'ombre, craindre qu'un passant les surprenne, craindre qu'une connaissance les voit.

Toutes ces pensées assombrissent Lena. Elle est assise dans le fauteuil en face de son père. Ce dernier écoute jovialement la pièce radiophonique du jeudi soir. Une comédie diffusée en série sur la principale station de Leningrad. Sergueï Katine éclate de rire. Le personnage principal, un vieux à la retraite est contraint sous la menace d'un rouleau à tarte d'avouer à sa compagne une liaison qu'il a eue voilà vingt ans. Les sons sont très bien reproduits, et il semblerait presque que la poursuite entre la vieille femme et son mari se déroule dans la salle à manger de Lena et de son père. Ce dernier croise le regard sombre de sa fille.

-"Lenoshka... Ça ne va pas?"

-"Non, rien papa, je suis juste en train de penser..." Répond sans conviction Lena en espérant ainsi se dérober à un interrogatoire. Le général se lève et diminue le son de la radio. Les supplications du pauvre vieux à sa femme sont désormais en sourdine.

-"Un problème au boulot. ?" Insiste son père. Elle fait non de la tête. Il poursuit : "Un problème avec Yulia? " Il avait prononcé son prénom de manière neutre. Le ton n'était pas péjoratif comme au début quand il parlait d'elle. Lena sourit.

-"Je sais que t'as pas envie d'entendre ça, mais non... Yulia est merveilleuse avec moi, j'ai pas de problèmes avec elle..."

-"C'est les autres alors? Il y en a qui veulent vous mener la vie dure?"

Serait-ce parce que Lena avait insisté sur le "elle" que son père lui posait cette question pertinente? Serait-ce parce que c'était sa fille et qu'il la connaissait si bien qu'il ne fallait pas de longues paroles pour la comprendre? En tout cas, il avait visé juste. Une larme coule sur la joue de Lena. Elle tente d'un coup de manche de vite écraser sur sa joue ce stupide indice. Elle s'attend à son refrain habituel "je te l'avais bien dit".

Mais le général reste muet, le regard dans le vide, comme plongé au plus profond de lui-même. Il se relève et remet le son de la radio. Cette fois le personnage principal est au prise avec un boulanger maladroit. En se rasseyant son père sourit. Et comme si cela n'avait rien à voir avec la conversation, il dit d'un ton convivial :

-"Dimanche, je vais recevoir un plat de chasse de mon ami traiteur, le brave Oleg..... C'est peut être l'occasion d'inviter Yulia à la maison, si vous êtes libres...."

Lena est sous le choc. Elle sait que son père ne plaisante pas. Ce n'est pas son style. Elle a envie de se jeter à son cou et l'embrasser. Elle se retient mais elle lui envoie un regard éclatant. Rempli de merci. Le même regard que sa mère se dit son père. Et il se ré-engloutit avec plaisir dans la comédie radiophonique. Le petit vieux vient de se ramasser un gâteau en pleine figure. Et Lena joint son rire à celui de son père.

Yulia vient d'enfiler la cinquième robe. Elle se contemple dans le miroir. Le décolleté n'est-il pas trop provocant? Peut être que la jupe grise et ce petit tailleur seraient plus adéquat... Elle maudit Lena qui lui a offert tous ces vêtements. Je n'aurais pas l'embarras du choix...

Sa compagne de chambre qui l'observe depuis une heure du coin de l'œil lui adresse :

-"Hey Yulia, où vas-tu comme ça? on dirait une fiancée qui choisit sa robe, tu me donne le tournis..."

-"Non, je vais seulement voir les parents d'une amie et je veux... " Répond Yulia mais sa collègue l'interrompt :

-"Ouais, amie... A d'autre ma petite, tu va chez des parents, ça oui... Mais des parents d'un... Petit ami... "

Yulia se retourne vers la grande brune, Kristina... Celle qui s'était passionnée pour le boulot de Lena lors de sa visite à l'internat. Une brave fille mais un peu trop curieuse et commère pour Yulia.

-"Non, je t'assure, y a rien de tout ça... " Dit Yulia en pestant contre la cohabitation.

-"Allez joli cœur, avoue..."

Yulia ne répond pas, elle se contente de hausser les épaules en remettant son chemisier blanc, car cette fois c'est décidé, elle opte pour le tailleur.

-"Je vais chez Lena, son père est un type haut placé, il y aura pleins d'autres gens, donc je ne veux pas faire tâche!" Dit Yulia en espérant que ce demi-mensonge classera l'affaire. Sans le savoir elle vient de signer son