t.A.T.u. - t.A.T.u. à l'eurovision 2003.
 

Point culminant des gaffes de l'équipe de management russe, l'inscription des filles à un concours réunisant des artistes à faible notoriéte, pour ne pas dire amateurs: l'Eurovision. Haut lieu de la ringardise et du politiquement correct dont les issues se jouent souvent sur un autre plan que musical...

N'écoutant pas les réserves émises par les professionnels d'Universal Music qui voient l'initiative d'un très mauvais oeuil, Yvan Shapovalov, fin psychologue, se la joue à la méthode Coué: On est les premiers, on est les meilleurs, désolé pour les autres candidats mais c'est nous qui allons gagner...

Sommées de se tenir tranquilles sur scène par les organisateurs, un parfum de scandale entoure la préparation du concours alimenté par des médias et des journalistes "scrupuleux" et homophobes : pourvu qu'elles ne s'embrassent pas devant des millions de téléspectateurs.... Ca commençait bien...

 

Au moment du direct, Lena et Yulia font une prestation très moyenne avec un titre pas facile à chanter: Ne ver, ne bosya. Si l'espace scènique est bien occupé, le son n'est pas d'une grande qualité et les miss se permettent de rater une note. Bref, t.A.T.u. n'est pas au meilleur de sa forme. Le vote , au suffrage universel par téléphone, démarre à la fin de la prestation de tous les concurrents. Et l'effet espéré d'Yvan Shapovalov, le vote des fans, fonctionne plutot bien : ces derniers se sont massivement mobilisés.

 

Mais deux pays truquent les résultats, l'Irlande pour des raisons religieuses et homophobes et Chypre pour des raisons politiques. En plus, des associations intégristes chrétiennes submergent les standarts téléphoniques de la Grande Bretagne afin de décourager les votes pour t.A.T.u.

Les résultats tombent: une victoire pour la Turquie qui présentait un navet avec une chorégraphie désolante, une deuxième place pour les seuls candidats qui avaient donné une prestation impeccable avec un ton et une originalité musicale : la Belgique et une troisième place pour nos miss... tout ça dans un mouchoir de poche de quelques points. Les quatrièmes étant loin derriere.

 

C'est donc seulement une troisième place pour t.A.T.u. Ni un triomphe éclatant, ni une défaite scandaleuse. t.A.T.u. serait sorti la tête haute d'une première place, ou même d'une dernière, lorsqu'on est de carure internationale, on peut tout supporter, sauf la tiédeur. Or, voila, le verdict est sans appel, pas assez exceptionnelles pour être premières, pas assez scandaleuses pour être dernières. Cette troisième place parmi des artistes méconnus est le pire des scénarios pour des stars. Sans doute le scénario que les producteurs d'Universal Music redoutaient le plus.

Les seuls qui se frotent les mains et qui ont opéré une excellente transaction ce sont les organisateurs de l'Eurovision. L'enjeu Géopolitique , à savoir un plebiscite de la Turquie en vue de son entrée dans l'Union Européenne, est rencontré et grâce à t.A.T.u., l'Eurovision a renoué avec un audimat dont il n'avait plus l'habitude. Ils ont sans aucun doute sabré le champagne à la santé d'Yvan.

 

Curieusement, enfin, pas si curieux que ça, il n'existe dans la documentation officielle du site tatu.ru plus aucune trace de cette histoire... Depuis, l'Eurovision est redevenue ce qu'elle était : une émission musico-politique ringarde boudée par les téléspectateurs et t.A.T.u. n'a pas eu trop à souffrir de cet épisode décevant. D'autres concerts, d'autres succès les attendaient déjà...

 
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